L'inexpressible
Quelle âge que t'as ma jolie
Pour t'attifer de cette manière ?
Tes lunettes et ta mélancolie
Laisse-les donc pour quand tu seras grand-mère.
Dans ta chambre si bien rangée
Il fait froid, il fait soif, il fait faim
Y te faudrait pour te réconforter
Un petit peu de l'éternel masculin.
Je pense que tu te lèves trop tôt
Surtout si c'est pour étudier
A quoi ça sert la bachot
Si t'as pas le temps de batifoler ?
C'est pas l'envie qui t'en manque
Seulement t'aimes les grands sentiments
Oui mais, si t'as pas de compte en banque
La vertu, c'est décourageant.
Tu me dis que t'es trop timide
Moi, je te jure que ça ne m'étonne pas
Comment veux-tu être intrépide
Si t'es mise comme un pot à tabac ?
Enlève cette inexpressible
En coton, qui te vient de ta mère
Ces lunettes et cette jupe nuisible
Ces chaussures de nonagénaire.
Cet homme qui te voulait des choses
En te suivant dans la rue
T'en es devenue toute rose
Pourquoi qu't'as pas voulu
Le suivre dans ce café
Où qu'il y avait du néon
Des frites et de la fumée
Des liqueurs et de l'accordéon ?
C'était peut-être bien l'occasion
De perdre ta mélancolie
Tes complexes, tes illusions
De sortir de ta léthargie.
T'as plus qu'à rentrer chez toi
Dans ta chambre inconcupiscible
Avec ta faim, ta soif, ton lit froid
Tes lunettes et ton inexpressible.
Lo inexpresable
¿Qué edad tienes, mi bonita
Para vestirte de esa manera?
Tus lentes y tu melancolía
Déjalos para cuando seas abuela.
En tu habitación tan ordenada
Hace frío, sed y hambre
Y necesitarías para reconfortarte
Un poco de lo eternamente masculino.
Creo que te levantas muy temprano
Especialmente si es para estudiar
¿De qué sirve el bachillerato
Si no tienes tiempo para coquetear?
No te falta el deseo
Solo que te gustan los grandes sentimientos
Sí, pero si no tienes dinero en el banco
La virtud es desalentadora.
Dices que eres demasiado tímida
Yo te juro que no me sorprende
¿Cómo quieres ser intrépida
Si estás vestida como un tarro de tabaco?
Quítate esa prenda
De algodón, que viene de tu madre
Esos lentes y esa falda perjudicial
Esos zapatos de anciana.
Ese hombre que quería cosas de ti
Siguiéndote por la calle
Te pusiste toda colorada
¿Por qué no quisiste
Seguirlo a ese café
Donde había neón
Papas fritas y humo
Licores y acordeón?
Quizás era la oportunidad
De perder tu melancolía
Tus complejos, tus ilusiones
De salir de tu letargo.
Solo te queda regresar a casa
A tu habitación inocupable
Con tu hambre, tu sed, tu cama fría
Tus lentes y tu inexpresable.