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Miedo De Mí

Patrick Bruel

Peur De Moi

Il y a
Dans mes refus de dire je t'aime
Plus d'amour que dans les poèmes
Et que dans tous ces mots-là...

Si tu vois,
Flotter une larme bohème
Dans les yeux, mon coeur s'y promène
C'est alors je pense à toi

C'est comme ça,
Le bonheur n'est pas géomètre
J'ai pas de plans à te soumettre,
Je sais pas le faire marcher droit

M'en veux pas
Si je ne peux rien te promettre
C'est que je voudrais tout peut-être
Et ça ne me suffirait pas

Pas à pas
Je parle à tâtons et j'effleure
Tous ces mots qui reprennent couleur
Quand je les pose sur toi

Et je vois
Les rêves qui hésitent encore
Prendre la forme de ton corps
Et je souris malgré moi

Jusque-là
Je croyais à peu près me connaître
J'ai tout jeté par ta fenêtre
Pour mieux m'apprendre dans tes bras

M'en veux pas
Si je ne sais rien te promettre
À part dans ces phrases muettes
Que je vagabonde sur toi

Laisse-moi le temps de t'aimer sans penser au-delà
Tu me souris et tu te tais, mais tu ne comprends pas...
Laisse-moi, le temps de trouver l'empreinte pour mes pas
À force de t'avoir cherchée, j'ai un peu peur de moi

Peur de moi...
Est-ce que ce n'est pas autre chose
Tu m'apprivoises et je dépose
Mes ombres fanées derrière moi

Peur de quoi
Peur de l'avenir qui se glisse
Entre ma peau et mes caprices
Quand je me perds au bord de toi

Peur de quoi
Tout simplement de reconnaître
Que tout est là, dans ces peut-être
Qui me chavirent autour de toi

Peur de moi...
Il n'y a rien d'autre à comprendre
Toi tu voulais des mots plus tendres,
Et moi... Je te parle de moi

Il y a
Dans mes refus de dire je t'aime
Plus d'amour que dans les poèmes
Et que dans tous ces mots-là...
Et que dans tous ces mots-là...

Miedo De Mí

Hay
En mis negativas de decir te quiero
Más amor que en los poemas
Y que en todas esas palabras...

Si ves,
Flotar una lágrima bohemia
En los ojos, mi corazón se pasea
Es entonces que pienso en ti

Es así,
La felicidad no es geometra
No tengo planes que someterte,
No sé hacerlo caminar derecho

No me culpes
Si no puedo prometerte nada
Es que querría todo quizás
Y eso no me bastaría

Paso a paso
Hablo a tientas y rozo
Todas esas palabras que recuperan color
Cuando las pongo sobre ti

Y veo
Los sueños que aún vacilan
Tomar la forma de tu cuerpo
Y sonrío a pesar mío

Hasta ahora
Creía conocerme más o menos
Tiré todo por tu ventana
Para aprenderme mejor en tus brazos

No me culpes
Si no sé prometerte nada
Excepto en esas frases mudas
Que vagabundean sobre ti

Déjame el tiempo de amarte sin pensar más allá
Me sonríes y te callas, pero no entiendes...
Déjame, el tiempo de encontrar la huella para mis pasos
Después de buscarte tanto, tengo un poco de miedo de mí

Miedo de mí...
¿No es algo más?
Me domesticas y dejo
Mis sombras marchitas atrás

¿Miedo de qué?
Miedo del futuro que se desliza
Entre mi piel y mis caprichos
Cuando me pierdo al borde de ti

¿Miedo de qué?
Simplemente de reconocer
Que todo está ahí, en esos quizás
Que me vuelcan alrededor de ti

Miedo de mí...
No hay nada más que entender
Tú querías palabras más tiernas,
Y yo... Te hablo de mí

Hay
En mis negativas de decir te quiero
Más amor que en los poemas
Y que en todas esas palabras...
Y que en todas esas palabras...

Escrita por: Patrick Bruel