Sur la banquise blanche
Sur la banquise blanche
Une flaque de sang
Et un bébé mourant
sous l'homme qui se penche
Et on entend le cri
D'une mère impuissante
On est venu lui prendre
Son unique petit
Sur vos manteaux, Mesdames,
Sur vos manteaux tout blancs
Il n'y a plus de sang
Pour que l'on vous condamne
Mais sachez donc enfin
Si certains vous admirent
Je suis là pour vous dire
Complices d'assassin
Sur la banquise blanche
Plusieurs flaques de sang
Qui coule et qui s'étend
Meurtrière avalanche
Car l'homme est toujours là
Avec son pas tranquille
Contre ses proies faciles
Q'il met en petit tas
Et si je lui consacre
Ce quelconque intérêt
C'est pour crier "assez
D'inutiles massacres"
S'il peut tuer en paix
Sans déranger votre âme
Vous lui donnez, Mesdames,
L'argent de son forfait
La banquise était blanche
Ce matin de printemps
Mais tout ce flot de sang
En a fait un cloaque
Et dans l'indifférence
Du vol d'un goéland
Jusqu'au prochain printemps
Retombe le silence.
Sobre la banquisa blanca
Sobre la banquisa blanca
Un charco de sangre
Y un bebé moribundo
bajo el hombre que se inclina
Y se escucha el grito
De una madre impotente
Vinieron a llevarse
A su único hijo
En sus abrigos, Señoras,
En sus abrigos blancos
Ya no hay sangre
Para que los condenen
Pero sepan finalmente
Si algunos los admiran
Estoy aquí para decirles
Cómplices de asesinato
Sobre la banquisa blanca
Varios charcos de sangre
Que fluyen y se extienden
Asesina avalancha
Porque el hombre siempre está allí
Con su paso tranquilo
Contra sus presas fáciles
Que coloca en pequeños montones
Y si le dedico
Este mínimo interés
Es para gritar 'basta'
De inútiles masacres
Si puede matar en paz
Sin perturbar su alma
Ustedes le dan, Señoras,
El dinero de su crimen
La banquisa era blanca
Esta mañana de primavera
Pero todo este flujo de sangre
La ha convertido en un cloaca
Y en la indiferencia
Del robo de una gaviota
Hasta la próxima primavera
Caerá el silencio.