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No me he movido

Pierre Pechin

Je n'ai pas bouge

Je n'ai pas bougé
Je suis toujours sur le même chantier
Où je creuse des tranchées
Pour l'eau et puis le gaz, plus l'électricité

Je n'ai pas bougé
Je suis toujours ce jeune homme au grand cœur
Qui te semblait romantique mais qui avait des tics
À cause du marteau-piqueur

Et toi non plus, tu n'as pas bougé
Tu es toujours concierge dans le quartier
Avec la même petite pancarte
Mme Gomez est dans l'escalier
Non, toi non plus tu n'as pas bougé
Tu apportes toujours le courrier
Que tu lis avant les locataires
À la vapeur de ta cafetière

(Oh Pierrot! Apporte-moi la truelle, là)
(Ouais! Si! Apporte-moi aussi l'Opinel)
(Ah que je dois ouvrir ma boîte de conserve de singe)
(Je peux pas l'ouvrir avec les mains!)
(Enlève la grue! Fais marcher la grue!)
(Réfléchis, nom de nom!)

Je n'ai pas bougé
J'ai toujours les deux pieds dans l'mortier
Où, avec Rodriguez, Ahmed nous fait cuire des merguez
Dans la roulotte en tôle ondulée

Je n'ai pas bougé
Je suis toujours ce jeune homme énervé
Qui, regardant le match à la télé
Quand l'Espagne fut éliminée
T'avais cassé ton râtelier

Et toi non plus, tu n'as pas bougé
Tu fais toujours des sardines grillées
Qui empestaient dans tout le quartier
Même que l'matou voulait plus rentrer
Non, toi non plus tu n'as pas bougé
Tu es toujours séduisante et belle
Même quand tu traînes tes poubelles
Allez, enlève ton tablier!

No me he movido

No me he movido
Sigo en la misma obra
Donde estoy cavando zanjas
Para el agua, el gas y la electricidad

No me he movido
Sigo siendo ese joven de gran corazón
Que te parecía romántico pero tenía tics
Por culpa del martillo neumático

Y tú tampoco, no te has movido
Sigues siendo la conserje del barrio
Con el mismo letrero pequeño
La Sra. Gómez está en la escalera
No, tú tampoco te has movido
Siempre traes el correo
Que lees antes que los inquilinos
Con el vapor de tu cafetera

(Oh Pierrot! Tráeme la paleta, ahí)
(¡Sí! ¡Sí! Tráeme también el Opinel)
(Ah, tengo que abrir mi lata de mono)
(¡No puedo abrirla con las manos!)
(¡Quita la grúa! ¡Haz funcionar la grúa!)
(¡Piensa, por el amor de Dios!)

No me he movido
Siempre tengo los dos pies en el mortero
Donde, con Rodríguez, Ahmed nos cocina merguez
En la caravana de lámina ondulada

No me he movido
Sigo siendo ese joven enojado
Que, viendo el partido en la tele
Cuando España fue eliminada
Rompiste tu comedero

Y tú tampoco, no te has movido
Sigues haciendo sardinas asadas
Que apestaban en todo el barrio
Incluso el gato ya no quería entrar
No, tú tampoco te has movido
Sigues siendo seductora y bella
Incluso cuando arrastras tus basuras
¡Vamos, quítate el delantal!

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