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Que así sea

Polémil Bazar

Qu'à cela n'tienne

J'ai comme une sale impression de doute
Une sale commune impression de coûte que coûte
Je sens qu'on m'attend au tournant, je sens qu'on me guette
Je sens fuir le temps, je sens le doigt plier sur la gâchette

Sous le poids d'une pression tenace
Trop de choix qui se feront à pile ou face
Trop d'avis contraires et trop de chiffres à recompter
Trop de choses à faire avant de vous laisser monter

J'ai comme une sensation de déroute
Une virulente appréhension de banqueroute
De mise en demeure, d'effondrement, de soumission
J'pressens la douleur d'une sentence à vie sans rémission

Sous le poids des dégénérescences
Trop de nous qui sombrons dans la complaisance
Trop d'pieds dans l'ciment et trop peu de bonne volonté
Si peu d'éléments sur lesquels on peut influer

Mais qu'à cela n'tienne, j'monterai dans l'train qui va passer
Le prochain qui m'emmène, peu importe où j'aboutirai
À la croisée des ch'mins, dans un cul-de-sac ou au sommet
Du Glacier des Chagrins, sur le pont des Si, chez les Ouimais

Que l'envie me vienne d'aimer, d'haïr ou d'ignorer
La vie, la mort, les peines et les petites joies bigarrées
J'me débarrasse du contre, j'mets l'feu aux poudres et aux planches
Et j'reste avec l'idée qu'chez nous c'est tous les jours dimanche

J'ai comme une incision dans la voûte
Comme une balle perdue rencontrée sur ma route
J'attire les voleurs de bonne foi et de compassion
J'aspire les malheurs par quelque noble élan d'aliénation

Sous le poids de fatales ignorances
Trop de voies condamnées par la Providence
Trop pressé de faire advenir quatre volontés
Trop tard pour se taire et trop sérieux pour en parler

Y'a de la grisaille, c'est demain la veille
Fermez les yeux, bouchez vos oreilles
Deux cheveux nous tiennent encore à quelque chose
Quoi qu'il advienne, ce n'sera sûrement pas rose

Un tas d'ferraille brûle au soleil
Faites un grand vœu, videz votre bouteille
Deux cheveux nous tiennent encore à cette forme de vie
Quoi qu'il advienne, ce sera forcément pas joli

C'est l'heure de traverser le pont
L'heure de s'éveiller pour de bon
C'est demain la veille

Que así sea

Tengo una mala sensación de duda
Una mala sensación común de cueste lo que cueste
Siento que me están esperando, siento que me están acechando
Siento que el tiempo se escapa, siento el dedo doblarse en el gatillo

Bajo el peso de una presión persistente
Demasiadas decisiones que se tomarán al azar
Demasiadas opiniones opuestas y demasiados números por revisar
Demasiadas cosas por hacer antes de dejarte subir

Tengo una sensación de desorientación
Una aprehensión virulenta de quiebra
De requerimiento, de colapso, de sumisión
Presiento el dolor de una sentencia de por vida sin remisión

Bajo el peso de las degeneraciones
Demasiados de nosotros que caemos en la complacencia
Demasiados pies en el cemento y muy poca buena voluntad
Tan pocos elementos en los que podemos influir

Pero que así sea, subiré al tren que pase
El próximo que me lleve, no importa a dónde llegue
En la encrucijada, en un callejón sin salida o en la cima
Del Glaciar de los Pesares, en el puente de los Sí, en la casa de los Sípero

Que me venga la ganas de amar, odiar o ignorar
La vida, la muerte, las penas y las pequeñas alegrías variadas
Me deshago de lo contrario, prendo fuego a la pólvora y a las tablas
Y me quedo con la idea de que en casa todos los días son domingo

Tengo una incisión en la bóveda
Como una bala perdida encontrada en mi camino
Atraigo a los ladrones de buena fe y compasión
Aspiro las desgracias por algún noble impulso de alienación

Bajo el peso de fatales ignorancias
Demasiados caminos condenados por la Providencia
Demasiado apuro por hacer realidad cuatro voluntades
Demasiado tarde para callar y demasiado serio para hablar

Hay grisura, mañana es el día
Cierra los ojos, tapa tus oídos
Dos cabellos todavía nos atan a algo
Pase lo que pase, seguramente no será fácil

Un montón de chatarra arde al sol
Haz un gran deseo, vacía tu botella
Dos cabellos todavía nos atan a esta forma de vida
Pase lo que pase, seguramente no será bonito

Es hora de cruzar el puente
Es hora de despertar de verdad
Mañana es el día

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