Le télégraphe sans fil
Au régiment, pour vivre tranquille,
Comme bibi, y en a pas bézef.
Je peux dire que je me fais pas de bile
Depuis que je suis dans la T.S.F.
J'ai qu'à recevoir, sur une machine,
Les télégrammes confidentiels
Qui viennent du Maroc ou de la Chine
Dans les caves de la Tour Eiffel.
Dernièrement, Mademoiselle Cécile
Me dit comme çà : Je voudrais bien savoir
Comment qu'un télégramme s'enfile.
Pourriez-vous-ti me le faire voir ?
Qu'est-ce que vous vouliez que j'y réponde ?
J'y répondis : Ah ma foi si.
Seulement voilà, y a tellement de monde
Que j'ose pas vous faire voir çà ici.
Elle me réplique : Ah ! Qu'à cela ne tienne !
J'irai jusqu'à votre atelier.
A la Tour Eiffel, je l'emmène,
Elle s'arrête devant l'escalier.
Ah ! Non, qu'elle fait, pas à la cave.
Sans chandelle, j'irai pas par là.
Tais-toi donc, j'y fais, grosse betterave !
Une chandelle, on trouvera bien çà !
Elle descend et v'la qu'elle tripote.
Oh ! J'y dis, faut pas tripoter
Les manettes avec tes menottes :
Tu vas te faire électrocuter !
Ca ne rate pas, tout à coup, la belle
Se pâme et fait des yeux de merlan frit.
Ah ! Je sens que je m'en vais, dit-elle.
Attends, j'y dis, je m'en vas aussi.
Avant de me quitter la bergère,
En pleurnichant, me dit : Monsieur Eloi,
C'est bien vilain ce que nous venons de faire.
Qu'est-ce que vous allez penser de moi ?
Ah ! Que j'y réponds, par saint Joseph,
Je penserai tout simplement, vois-tu,
Que je t'ai fait voir la T.S.F.
Et que c'est T.F.S. que j'ai vues !
El telégrafo inalámbrico
En el regimiento, para vivir tranquilo,
Como yo, no hay muchos.
Puedo decir que no me preocupo
Desde que estoy en la T.S.F.
Solo tengo que recibir, en una máquina,
Los telegramas confidenciales
Que vienen de Marruecos o de China
En los sótanos de la Torre Eiffel.
Últimamente, la señorita Cécile
Me dice así: Me gustaría saber
Cómo se envía un telegrama.
¿Podrías mostrármelo?
¿Qué querías que le respondiera?
Le respondí: Ah, pues sí.
Pero aquí hay tanta gente
Que no me atrevo a mostrártelo.
Ella replica: ¡Ah! No hay problema.
Iré a tu taller.
En la Torre Eiffel, la llevo,
Se detiene frente a la escalera.
¡Ah, no! dice, no a la cueva.
Sin una vela, no iré por ahí.
Cállate, le digo, gran remolacha.
¡Una vela, encontraremos una!
Ella baja y comienza a toquetear.
¡Oh! le digo, no toquetees
Los mandos con tus manitas:
¡Te vas a electrocutar!
No falla, de repente, la bella
Se desmaya y pone ojos de pescado frito.
¡Ah! Siento que me voy, dice ella.
Espera, le digo, yo también me voy.
Antes de dejarme, la pastora,
Llorando, me dice: Señor Eloi,
Es muy malo lo que acabamos de hacer.
¿Qué pensarás de mí?
¡Ah! le respondo, por san José,
Pensaré simplemente, ¿sabes?,
Que te hice ver la T.S.F.
Y que viste S.F.T.!