Sous Napoléon
Sous la République, y a rien qu'des bonnes choses
C'est l'règne du plaisir et du raffinement
Ainsi les dames fument des cigarettes roses
Et l'tabac qu'elles aiment c'est l'tabac d'Levant
Sous Napoléon, c'est une autre histoire
C'est pas cette marque-là qu'était idéale
Les dames de la Cour se faisaient une gloire
De s'payer surtout Le P'tit Caporal
Et la cigarette que chaque dame faisait
Paraît qu'c'est l'emp'reur qui la lui mouillait
Sous la République, faut que l'militaire
Soit toujours frusqué très conv'nablement
Qu'il ait son képi bien règlementaire
Et son pantalon fermé soigneusement
Sous Napoléon y avait moins d'tenue
Et sans qu'ça offusque les bons ratapoils
L'été, les sapeurs sortaient dans la rue
Avec des bonnets qu'étaient tous à poils
Allez donc faire ça au jour d'aujourd'hui
On vous foutrait d'dans, ça f'rait pas un pli !
Sous la République, y a d'grandes découvertes
Qui révolutionnent le monde aux quatre coins
On découvre le pôle, c'est très joli, certes
Mais c'est pas la peine pour ça d'faire tant d'foin
Sous Napoléon c'était bien plus drôle
L'amant près d'sa belle pouvait sans tracas
En baissant la nuise découvrir l'épaule
Et même s'engager dans les Pays-Bas
Puis une fois au but, il plantait l'drapeau
Et y l'faisait pas mettre dans les journaux
Sous la République la poste est bondée
On écrit beaucoup et chaque habitant
Envoie plusieurs lettres dans la même journée
Mais elles n'arrivent pas la plupart du temps
Sous Napoléon, qu'admirait l'Europe,
C'était encore mieux, soit dit entre nous !
Lui qui à Cambronne dit, sans mettre d'env'loppe,
A su envoyer cinq lettres un seul coup
Et ces cinq lettres-là d'vant les bataillons
Sont toutes parvenues à destination
Sous la République, quand elles sont entre elles
Les dames parlent de tout à tort à travers
Elles parlent politique, chiffons ou dentelles
D'leurs chapeaux d'été, d' leurs manteaux d'hiver
Sous Napoléon, elles en disaient d'bleues
Elles n'causaient qu'du loup, car toutes elles pensaient
"Quand on voit du loup, on en voit la queue"
Et c'est surtout ça qui les amusait
C'est vrai qu'y a des dames encore de not' temps
Qui d'mand'raient pas mieux que d'en faire autant
Bajo Napoleón
Bajo la República, solo hay cosas buenas
Es el reinado del placer y el refinamiento
Así que las damas fuman cigarrillos rosados
Y el tabaco que les gusta es el tabaco de Levante
Bajo Napoleón, es otra historia
No era esa marca la ideal
Las damas de la Corte se enorgullecían
De pagarse especialmente al Pequeño Caporal
Y el cigarrillo que cada dama hacía
Parece que era el emperador quien lo mojaba
Bajo la República, el militar debe
Siempre estar elegantemente vestido
Con su gorra bien reglamentaria
Y su pantalón cerrado cuidadosamente
Bajo Napoleón había menos formalidad
Y sin ofender a los buenos soldados
En verano, los zapadores salían a la calle
Con gorros que eran todos de piel
Intenten hacer eso hoy en día
Los meterían presos sin dudarlo
Bajo la República, hay grandes descubrimientos
Que revolucionan el mundo en todos lados
Descubren el polo, es muy bonito, cierto
Pero no es necesario hacer tanto alboroto por eso
Bajo Napoleón era mucho más divertido
El amante junto a su amada podía sin problemas
Al bajar la noche descubrir el hombro
E incluso adentrarse en los Países Bajos
Luego, una vez allí, plantaba la bandera
Y no la hacía publicar en los periódicos
Bajo la República, la oficina de correos está abarrotada
Se escribe mucho y cada habitante
Envía varias cartas en el mismo día
Pero la mayoría de las veces no llegan
Bajo Napoleón, admirado por Europa
Era aún mejor, dicho entre nosotros
Él, que en Cambronne dijo, sin rodeos
Logró enviar cinco cartas de una sola vez
Y esas cinco cartas frente a los batallones
Llegaron todas a su destino
Bajo la República, cuando están entre ellas
Las damas hablan de todo sin sentido
Hablan de política, trapos o encajes
De sus sombreros de verano, de sus abrigos de invierno
Bajo Napoleón, decían cosas atrevidas
Solo hablaban del lobo, porque todas pensaban
"Cuando se ve al lobo, se ve la cola"
Y eso es lo que más las entretenía
Es cierto que aún hay damas en nuestros tiempos
Que no pedirían más que hacer lo mismo