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El vigilante nocturno

Quatre Barbus [Les]

Le veilleur de nuit

Chez le grand bijoutier la vitrine étincelle
Des bijoux scintillants que les écrins recèlent
Emeraudes, rubis, saphirs et diamants
C'est la fête des yeux, c'est un enchantement

Quand vient le soir, sur ces richesses
Le rideau de fer se baisse
Et le veilleur de nuit, seul dans l'obscurité,
Garde le trésor convoité

Il est deux heures du matin
Et dans la rue, pas un murmure
Qu'est-ce donc ? Le veilleur soudain
Entend qu'on force la serrure

La porte s'ouvre doucement
Un par un, trois hommes se glissent
Ils vont silencieux, rampant
Parmi les ténèbres complices

Et le veilleur de nuit
Caché dans un coin sombre
Voit tout à coup des ombres
S'avancer près de lui

Il fait feu, brandissant son arme
Une chute, un cri de douleur,
Le vieux hurle ces mots "Voleurs ! Voleurs ! Voleurs !"
Et l'écho de la nuit porte ce cri d'alarme

Deux des fripons se sont enfuis
Le vieux fait jaillir la lumière
Un homme est là, le front rougi
Par une balle meurtrière

Il s'approche. Horreur ! C'est son fils qui,
Pour aller vivre sa vie,
Quitta sa famille jadis
Voleur, lui ? Quelle infamie !

Et le veilleur de nuit,
Soudain la mine sombre,
Voit de lugubres ombres
Danser autour de lui

L'œil hagard et l'âme meurtrie
Tenaillé d'atroces douleurs
Il pleure, il chante, il crie
"Voleurs ! Voleurs ! Voleurs !"
Et l'écho de la nuit
Répète sa folie

El vigilante nocturno

En el gran joyero el escaparate brilla
Joyas con purpurina que contienen las cajas
Esmeraldas, rubíes, zafiros y diamantes
Es la fiesta de los ojos, es un encanto

Cuando llegue la noche, en estas riquezas
La cortina de hierro que cae
Y el vigilante nocturno, solo en la oscuridad
Mantenga el tesoro codiciado

Son las dos de la mañana
Y en la calle, ni un susurro
¿Qué es eso? El vigilante súbito
Oye, forzamos la cerradura

La puerta se abre suavemente
Uno por uno, tres hombres se arrastran
Se callan, se arrastran
Entre los cómplices de la oscuridad

Y el vigilante nocturno
Escondido en un rincón oscuro
De repente ve sombras
Avanzando cerca de él

Está disparando, agitando su arma
Una caída, un grito de dolor
El anciano grita estas palabras: «¡Ladrones! ¡Ladrones! ¡Ladrones!
Y el eco de la noche lleva este grito de alarma

Dos de los fripones huyeron
El viejo hace que la luz resplandezca
Un hombre está allí, su frente está enrojecida
Por una bala mortal

Se está acercando. ¡Horror! Es su hijo quien
Para ir a vivir su vida
Dejando a su familia una vez
¿Ladrón? ¡Qué infamia!

Y el vigilante nocturno
De repente la mina oscura
Ve sombras sombrías
Bailando a su alrededor

El ojo de Hagard y el alma herida
Dolor de dolores atroces
Llora, canta, grita
¡Ladrones! ¡Ladrones! ¡Ladrones!
Y el eco de la noche
Repite su locura

Escrita por: Charles-Louis Pothier