Il ne faudra jamais
Il ne faudra jamais
Dire tout ce qu'on a vécu
Ça ne regarde pas
Les gens du temps qui passent
Ni mes histoires de cœur
Ni mes amours déçues
N'avantageront
Mon reflet dans la glace
Je suis un enfant
Qui marche à pas comptés
Entre des HLM
Et des fleurs en plastique
Entre trois cimetières
Et quatre vérités
En plein cœur d'un présent
Qui va fermer boutique
Il ne faudra jamais dire
Ce qu'on a compris
On l'a fait par hasard
Et sans aucun mérite
Quand j'ai vidé ma poche
Il me reste le prix
De quatre roses rouges
Et d'un cornet de frites
Il ne faudra jamais
Révéler nos secrets
Ça ne regarde pas
Les gens qui nous regardent
Ils viennent d'un pays
Où plus rien n'est sacré
Ils crèvent entre copains
Tant pis, que Dieu les garde
Il ne faudra jamais dire
Qu'on était heureux
Qu'on avait du talent
Qu'on était magnifiques
Que d'un exploit d'huissier
On savait faire du feu
Et que du mal d'amour
On faisait des musiques
Il ne faudra jamais dire
Qu'on était idiots
Qu'on ne savait rien
Mais qu'on vivait quand même
Quand on a dégusté
Sa jeunesse au boulot
Avec la mort qui vient
On peut faire un poème
Nunca se deberá decir
Nunca se deberá decir
Todo lo que hemos vivido
No le importa a nadie
A la gente que pasa
Ni mis historias de amor
Ni mis desamores
No beneficiarán
Mi reflejo en el espejo
Soy un niño
Que camina a pasos contados
Entre edificios de departamentos
Y flores de plástico
Entre tres cementerios
Y cuatro verdades
En pleno corazón de un presente
Que va a cerrar su tienda
Nunca se deberá decir
Lo que hemos comprendido
Lo hicimos por casualidad
Y sin ningún mérito
Cuando vacié mi bolsillo
Me queda el precio
De cuatro rosas rojas
Y un cono de papas fritas
Nunca se deberá
Revelar nuestros secretos
No le importa a nadie
A la gente que nos mira
Vienen de un país
Donde nada es sagrado
Se mueren entre amigos
Que les vaya bien, que Dios los cuide
Nunca se deberá decir
Que éramos felices
Que teníamos talento
Que éramos magníficos
Que de un truco de alguacil
Sabíamos hacer fuego
Y que del dolor de amor
Hacíamos música
Nunca se deberá decir
Que éramos idiotas
Que no sabíamos nada
Pero que vivíamos igual
Cuando degustamos
Nuestra juventud en el trabajo
Con la muerte que se acerca
Podemos hacer un poema
Escrita por: Bernard Dimey / François Bernheim