Journal
Le 21 septembre
Je reprends ce journal
Dans la fenêtre de ma chambre
Passe un oiseau banal
Il y a la grève du métro
Tout à l'heure, ma mère est passée
Elle m'a dit que je fumais trop
Puis elle a parlé du passé
J'ai vu au Soleil de la rue
Marcher une femme aux bras nus
Samedi 3 décembre
Je n'ai plus rien écrit
Depuis ce jour de fin septembre
Où il y a eu ce cri
C'était dans le jardin voisin
Ses bras nus enlaçaient quelqu'un
Il a neigé tout ce matin
Je lui ai parlé dans la rue
J'ai dit, j'ai dit, je ne sais plus
Mais ce soir, c'est chez moi qu'elle vient
Dimanche 12 avril
Le printemps est en ville
J'écris ce soir à l'encre rose
Il s'est passé des choses
Moi qui disais que le mariage
N'était pas encore de mon âge
Ma mère avait un chapeau blanc
Mes deux frères avaient mis des gants
C'était en janvier et pourtant
On croirait qu'il y a longtemps
Nous sommes fin septembre
Je ne sais plus le jour
Me revoici dans cette chambre
Un homme sans amour
Je n'ai pas bien compris pourquoi
N'en parlons plus, n'en pleurons plus
Je la regarde qui s'en va
Dans le Soleil, la rue est sage
Cette douce femme aux bras nus
Que je vois sortir de l'image
Cette douce femme aux bras nus
Que je vois sortir de l'image
Diario
El 21 de septiembre
Retomo este diario
Por la ventana de mi cuarto
Pasa un pájaro común
Hay huelga en el metro
Hace un rato, pasó mi mamá
Me dijo que fumaba demasiado
Luego habló del pasado
Vi al Sol de la calle
Caminar a una mujer de brazos desnudos
Sábado 3 de diciembre
No he escrito nada más
Desde aquel día a finales de septiembre
Donde hubo ese grito
Fue en el jardín vecino
Sus brazos desnudos abrazaban a alguien
Nevó toda esta mañana
Le hablé en la calle
Dije, dije, ya no recuerdo
Pero esta noche, es a mi casa a donde viene
Domingo 12 de abril
La primavera está en la ciudad
Escribo esta noche con tinta rosa
Han pasado cosas
Yo que decía que el matrimonio
No era aún para mi edad
Mi mamá llevaba un sombrero blanco
Mis dos hermanos se pusieron guantes
Fue en enero y sin embargo
Parece que fue hace mucho
Estamos a finales de septiembre
No sé qué día es
Aquí estoy de nuevo en este cuarto
Un hombre sin amor
No entendí bien por qué
No hablemos más, no lloremos más
La miro que se va
En el Sol, la calle es tranquila
Esa dulce mujer de brazos desnudos
Que veo salir de la imagen
Esa dulce mujer de brazos desnudos
Que veo salir de la imagen