Le voyageur sans bagage (Le voyageur)
En descendant du train dans l'ombre
L'homme n'avait pas de billet
Mais il a gagné sans encombre
Un hôtel borgne du quartier
C'était un client de passage
Une espèce de vagabond
Qui dissimulait son visage
En s'inscrivant sous un faux nom
Et qui partait pour un très long voyage
Plus tard, on l'a vu sur les quais
Où il cherchait à s'embarquer
{Refrain:}
Et les bateaux, les beaux bateaux
Qui vont sur l'eau
Lui semblaient presque chimériques
Avec les feux de leurs hublots
D'appareiller pour l'Amérique
Puis l'homme a regagné sa turne
Il a gravi les escaliers
D'un air maussade et taciturne
Et s'est couché tout habillé
C'était un client de passage
Une espèce de vagabond
Sans passeport et sans bagage
Un désespéré qui, dit-on
Voulait partir pour un très long voyage
Des policiers l'avaient traqué
Comme une bête sur les quais
{au Refrain}
Par les carreaux de sa fenêtre
Jusqu'à l'aube, il n'a pas cessé
De voir se suivre et disparaître
De gros nuages convulsés
C'était un client de passage
Qui, se sentant alors perdu,
A jugé qu'il était plus sage
Qu'on admît qu'il s'était pendu
Pour n'avoir pas eu l'argent du voyage
D'autres que lui, le long des quais,
Au petit jour ont embarqué
Et les bateaux, les beaux bateaux
Qui vont sur l'eau
N'avaient plus rien de chimérique
Tous feux éteints de leurs hublots
D'appareiller pour l'Amérique
El viajero sin equipaje (El viajero)
Al bajar del tren en la sombra
El hombre no tenía boleto
Pero logró sin problemas
Un hotel oscuro del barrio
Era un cliente de paso
Una especie de vagabundo
Que ocultaba su rostro
Al registrarse con un nombre falso
Y que partía en un viaje muy largo
Más tarde, lo vieron en los muelles
Donde buscaba embarcarse
{Estribillo:}
Y los barcos, los hermosos barcos
Que van sobre el agua
Le parecían casi quiméricos
Con las luces de sus ojos de buey
Listos para zarpar hacia América
Luego el hombre regresó a su habitación
Subió las escaleras
Con un aire sombrío y taciturno
Y se acostó vestido
Era un cliente de paso
Una especie de vagabundo
Sin pasaporte y sin equipaje
Un desesperado que, dicen
Quería partir en un viaje muy largo
La policía lo había rastreado
Como a una bestia en los muelles
{al Estribillo}
A través de la ventana
Hasta el amanecer, no dejó de ver
Cómo seguían y desaparecían
Grandes nubes convulsas
Era un cliente de paso
Que, sintiéndose perdido entonces
Decidió que era más sensato
Que se admitiera que se había ahorcado
Por no tener dinero para el viaje
Otros que él, a lo largo de los muelles
Al amanecer embarcaron
Y los barcos, los hermosos barcos
Que van sobre el agua
Ya no tenían nada de quimérico
Con todas las luces apagadas de sus ojos de buey
Listos para zarpar hacia América