395px

Varsovia

Saez

Varsovie

Quand je suis arrivé la gare était déserte.
Varsovie au matin c'est un peu triste à voir, c'est vrai;
Capitaliste oblige je tire un peu de cash pour Kasia,
Un gamin au café lui vient de planter son nez dans un bol de soupe froide;
Sac à dos accosté sur un quai solitaire

J'envoie par téléphone quelques photos loufoques, un peu de mon histoire
Au amis parisiens qui me disent: "Allez reviens c'est pas pour toi là-bas"
Tout seul dans le wagon mon regard qui se jette par la fenêtre,
Je regarde Warsawa loin de moi qui s'en va.

Nous fendons l'horizon direction Zakopagne...

La neige tient le siège de la vieille Pologne,
J'imagine soudain oui qu'un jour d'autres trains ont du passer par là
Vieille dame sans dents tire vieille charrette
Telle vague céleste vole un oiseau sans tête.

Le jour se lève
Sur la campagne
Un vieux cheval fou
Me tient tête de loin,
Parfois je rêve que je suis Jivago,
Et qu'elle m'attend là-bas
Sous le vol du corbeau.

Toujours dans le couloir une autre silhouette
vient joindre sa fumée,
Sa fumée de cigarette.
Non je ne suis plus seul et d'un oeil polonais
Il me dit quelques mots, dans un silence slave
Je le trouve beau.

Au wagon restaurant sur vieille gazinière,
On me cuisine un steak qui saigne à la vodka, il est beau l'ancien temps!
Bientôt tout cela sera sous plastique à la morgue
Et ce sera comme ailleurs,
Un croque-monsieur sans vie dans un wagon sans bruit.
Mon ami du couloir me rejoint sans surprise
Et me tend sans rien dire un thé à l'eau-de-vie;
Sans comprendre un seul mot l'un de l'autre nous parlons de nos femmes de nos vies,
Voyageurs nous refaisons nos mondes,
Et des gamins surgissent...
Ils ont l'oeil du futur
Et le coeur des étoiles.

Ici on sourit pas ou seulement quand on boit!
Y'a Batrek, y'a Ianek, y'a Vojtek et y'a moi!

Allez chante gamin que demain sera mieux
Et laisse la vodka faire s'effacer la peine.
Ami toi d'un autre pays
Je te suis amoureux.

Le jour se lève
Sur la campagne morte,
Un vieux cheval fou
Me parle un peu de loin;
Parfois je rêve que je suis Jivago
Et qu'elle m'attend là-bas
Sous le vol des corbeaux.

Varsovia

Cuando llegué, la estación estaba desierta.
Varsovia por la mañana es un poco triste de ver, es verdad;
El capitalismo me obliga a sacar un poco de efectivo para Kasia,
Un niño en el café acaba de meter la nariz en un tazón de sopa fría;
Mochila apoyada en un andén solitario.

Envío algunas fotos locas por teléfono, un poco de mi historia
A mis amigos parisinos que me dicen: 'Vuelve, esto no es para ti allá'
Solo en el vagón, mi mirada se pierde por la ventana,
Miro a Warszawa alejarse de mí.

Cortamos el horizonte rumbo a Zakopane...

La nieve tiene el control de la vieja Polonia,
Imagino de repente que otros trenes han pasado por aquí algún día,
Una anciana sin dientes tira de un viejo carrito,
Como una ola celestial vuela un pájaro sin cabeza.

El día amanece
Sobre el campo,
Un viejo caballo loco
Me desafía a lo lejos,
A veces sueño que soy Jivago
Y que ella me espera allá
Bajo el vuelo del cuervo.

Siempre en el pasillo, otra silueta
se une con su humo,
Su humo de cigarrillo.
Ya no estoy solo y con un ojo polaco
Me dice algunas palabras, en un silencio eslavo
Lo encuentro hermoso.

En el vagón restaurante, en una vieja cocina de gas,
Me preparan un filete que sangra con vodka, ¡qué bellos tiempos!
Pronto todo esto estará envuelto en plástico en la morgue
Y será como en cualquier otro lugar,
Un sándwich mixto sin vida en un vagón silencioso.
Mi amigo del pasillo se une a mí sin sorpresa
Y me ofrece sin decir nada un té con aguardiente;
Sin entender una sola palabra el uno del otro hablamos de nuestras mujeres, de nuestras vidas,
Viajeros reconstruimos nuestros mundos,
Y aparecen los niños...
Tienen la mirada del futuro
Y el corazón de las estrellas.

Aquí no se sonríe o solo cuando se bebe,
Está Batrek, está Ianek, está Vojtek y estoy yo.

Vamos, canta niño, que mañana será mejor
Y deja que el vodka borre la tristeza.
Amigo de otro país,
Te sigo enamorado.

El día amanece
Sobre el campo muerto,
Un viejo caballo loco
Me habla un poco desde lejos;
A veces sueño que soy Jivago
Y que ella me espera allá
Bajo el vuelo de los cuervos.

Escrita por: