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Sin Hogar

Salvatore Adamo

Sans Domicile

Elle a du vent dans la tête
et ses souvenirs qui s'envolent
c'est pour ça qu'on la rejette
c'est pour ça qu'on la dit folle
alors elle parle aux oiseaux
où elle fait des ronds dans l'eau
et des petites choses qui la retiennent
de se jeter dans la Seine
elle a un trou dans le coeur
et plein d'amour qui se perd
elle aime tant la douleur
un type qu'en a rien à faire
alors elle veut plus être belle
elle veut plus rien être du tout
elle dort entre deux poubelles
tout près d'un chat qui s'en fout

et puis
y a tous ces trains
qui partent au loin
et puis
y a le quotidien
et tous ses liens
et puis
y a le temps qui file
et puis
c'est plus facile
de s'inventer une île
sans domicile

Elle a du vent dans la tête
et son esprit qui s'étiole
elle sait plus dans quelle tempête
elle a largué sa bousolle
c'est vrai qu'avec son ombrelle
qu'elle ouvre même sous les ponts
on dirait une caravelle
échouée sur le béton
elle regarde les autres paumés
les naufragés de l'hiver
mais c'est chacun de son côté
chacun pour soi en enfer
elle veut rien savoir d'eux
et surtout pas leur histoire
elle veut pas s'voir dans leurs yeux
elle a trop peur des miroirs

et puis
y a tous ces trains
mais quel est l'sien
la vie
à quoi ça tient
à presque rien
suffit
qu'on soit fragile
suffit
qu'on s'sente inutile
et on s'perd dans la grand'ville
sans domicile.

Sin Hogar

Ella tiene viento en la cabeza
y sus recuerdos que se desvanecen
es por eso que la rechazan
es por eso que la llaman loca
entonces ella habla con los pájaros
o hace círculos en el agua
y pequeñas cosas que la detienen
de lanzarse al Sena
ella tiene un agujero en el corazón
y mucho amor que se pierde
le gusta tanto el dolor
un tipo que no le importa nada
entonces ya no quiere ser hermosa
desea no ser nada en absoluto
duerme entre dos basureros
cerca de un gato que no le importa

y luego
hay todos esos trenes
que se van lejos
y luego
está la rutina
todos sus lazos
y luego
el tiempo pasa
y luego
es más fácil
inventarse una isla
sin hogar

Ella tiene viento en la cabeza
y su mente que se desvanece
ya no sabe en qué tormenta
ha perdido su brújula
es cierto que con su paraguas
que abre incluso debajo de los puentes
parece una carabela
naufragada en el concreto
mira a los otros perdidos
los náufragos del invierno
pero cada uno por su lado
cada uno por sí mismo en el infierno
no quiere saber nada de ellos
y mucho menos su historia
no quiere verse en sus ojos
tiene demasiado miedo de los espejos

y luego
hay todos esos trenes
pero cuál es el suyo
la vida
en qué se sostiene
en casi nada
basta
con ser frágil
basta
con sentirse inútil
y nos perdemos en la gran ciudad
sin hogar.

Escrita por: Salvatore Adamo