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País natal

Souad Massi

Pays natal

Pour sentir l’odeur du pain au sésame ou au cumin
Fallait faire la queue longtemps dans ce pays
Toute la ville n'est que banlieue
On se débrouille comme on peut
Ils poussent entre les pavés des fleurs meurtries
Et pourquoi le mot maison là-bas rime avec prison
Et les voisins en sont les gardiens
Ici je lis mon journal où je veux, et c'est banal
Ici je n'ai plus peur au petit matin

Il n'y avait rien à regretter là-bas
Alors je suis partie loin de chez moi
Et si je suis bien je suis chez moi chez toi
Pourtant j'ai des souvenir qui restent en moi

Lalalalala, lalalala, lalalala

Un homme en noir à cheval, le froid de la cathédrale
Et devant les braseros dans l’avenue
L’ aveugle au violon très faux, dans les rues que des vélos
J’entendrai toujours ces bruits qui continuent
Des travaux jamais finis pour des enfants qui en rient
Tous ces visages sans un nom dessus
Pour les voisins d'à coté, je ne suis pas une immigrée
Car ils font comme si ils m’avaient toujours connue

Il n'y avait rien à regretter là-bas
Alors je suis partie loin de chez moi
Même si je suis bien je suis chez moi chez toi
Pourtant j'ai des souvenir qui restent en moi
L n’y avait rien à regretter là-bas
Pourtant j’y pense encore, j’ai un peu mal
Même si je suis loin, si je suis bien chez toi
Je n’ai pas quitté mon pays natal

País natal

Para sentir el olor del pan de sésamo o de comino
Había que hacer fila mucho tiempo en este país
Toda la ciudad no es más que un suburbio
Nos las arreglamos como podemos
Ellos crecen entre los adoquines, flores heridas
Y por qué la palabra casa allá rima con prisión
Y los vecinos son sus guardianes
Aquí leo mi periódico donde quiero, y es normal
Aquí ya no tengo miedo en la madrugada

No había nada que lamentar allá
Así que me fui lejos de mi hogar
Y si estoy bien, estoy en casa contigo
Sin embargo, tengo recuerdos que quedan en mí

Lalalalala, lalalala, lalalala

Un hombre de negro a caballo, el frío de la catedral
Y frente a los braseros en la avenida
El ciego con el violín muy desafinado, en las calles solo bicicletas
Siempre escucharé esos ruidos que continúan
Obras nunca terminadas para niños que se ríen
Todos esos rostros sin un nombre encima
Para los vecinos de al lado, no soy una inmigrante
Porque actúan como si siempre me hubieran conocido

No había nada que lamentar allá
Así que me fui lejos de mi hogar
Aunque estoy bien, estoy en casa contigo
Sin embargo, tengo recuerdos que quedan en mí
No había nada que lamentar allá
Sin embargo, aún lo pienso, me duele un poco
Aunque estoy lejos, si estoy bien contigo
No he dejado mi país natal

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