Berceuse de Bagdad
Mon petit, le monde brûle
Et dans ta vie minuscule
Tu te croyais à l'abri
Tu ne l'es plus aujourd'hui
Pardon de t'avoir fait naître
Mais je voulais te connaître
Avant la foudre et le feu
Est-ce donc que d'être deux
Nous rendra moins vulnérables
Sous le déluge implacable ?
Nous pourrons nous tenir chaud
Quand la mort viendra d'en haut
{Refrain:}
Tu bois la peur avec mon lait
J'aurais voulu, mon agnelet,
Te donner des prairies
Pour qu'un jour tu souries
Mon petit, mon espérance,
Voici qu'on t'a fait violence
Et qu'on t'a sorti de moi
Sans attendre tes neuf mois
Je te vois dans ta couveuse
Et au lieu d'en être heureuse
J'espère, le cœur tremblant,
Que tu vives assez longtemps
Pour me reprocher ce geste
Et si tout en moi proteste
Je voulais te faire beau
Tant qu'il nous reste de l'eau
{au Refrain}
Mon petit, quel est ce monde
Où des sirènes répondent
Aux premiers cris d'un enfant
Etonné d'être vivant ?
Déjà sur ta peau si tendre
Je vois se poser des cendres
Qui demain nous couvrirons
Qui sait même où nous serons ?
Si à la mort je t'arrache
Il faudra que tu le saches
Qu'on se soucie peu de nous
Et que les hommes sont fous
{au Refrain}
Nana de Bagdad
Mi pequeño, el mundo arde
Y en tu vida diminuta
Creías estar a salvo
Ya no lo estás hoy
Perdón por haberte traído al mundo
Pero quería conocerte
Antes del rayo y el fuego
¿Acaso ser dos
Nos hará menos vulnerables
Bajo el implacable diluvio?
Podremos abrigarnos
Cuando la muerte venga desde arriba
{Estribillo:}
Tomas el miedo con mi leche
Habría querido, mi corderito,
Darte praderas
Para que algún día sonrías
Mi pequeño, mi esperanza,
Aquí te han hecho violencia
Y te sacaron de mí
Sin esperar tus nueve meses
Te veo en tu incubadora
Y en lugar de estar feliz
Espero, con el corazón temblando,
Que vivas lo suficiente
Para reprocharme este acto
Y aunque todo en mí proteste
Quería hacerte hermoso
Mientras nos quede agua
{al Estribillo}
Mi pequeño, ¿qué mundo es este
Donde las sirenas responden
A los primeros llantos de un niño
Asombrado de estar vivo?
Ya en tu piel tan tierna
Veo caer cenizas
Que mañana nos cubrirán
¿Quién sabe incluso dónde estaremos?
Si a la muerte te arrebato
Debes saberlo
Que a nadie le importamos mucho
Y que los hombres están locos
{al Estribillo}