La payse
Quand je te vois qui me regardes
Je me sens fille autant que fleur
Un jour, si je n'y prends pas garde
Je serai terre, toi laboureur
Mais quand le soir se déguise
Il faut caresser les chemins
Et quand le vent se change en brise
Il faut que je tende la main
Et comme nous sommes
Du même pays
Mon pays
Que je suis ta payse
Faut bien
Qu'on sympathise
Je l'ai bien vu l'autre semaine
Que nous venions du même champ
Que nous semions les mêmes graines
Germées dans un même printemps
Mais lorsque deux cœurs s'éternisent
Qui sait ce qu'il en adviendra
Quand ton regard sur moi se brise
Il faut que j'entrouvre les bras
Et que vont-ils bien y comprendre
À cet amour de terre et d'eau
Ceux-là qui voudraient nous apprendre
À nous aimer avec des mots
Et quand tous leurs grands mots s'épuisent
Ils ne sont riches que de vent
Pour moi, je t'aime et qu'il suffise
De te le répéter souvent
La payse
Cuando te veo que me miras
Me siento niña tanto como flor
Un día, si no tengo cuidado
Seré tierra, tú labrador
Pero cuando la noche se disfraza
Hay que acariciar los caminos
Y cuando el viento se convierte en brisa
Debo extender la mano
Y como somos
del mismo país
Mi país
Que soy tu paisana
Es necesario
Que simpatizemos
Lo vi claramente la otra semana
Que venimos del mismo campo
Que sembramos las mismas semillas
Germinadas en la misma primavera
Pero cuando dos corazones se eternizan
Quién sabe qué sucederá
Cuando tu mirada se quiebra sobre mí
Debo abrir los brazos
Y qué van a entender
De este amor de tierra y agua
Aquellos que quieren enseñarnos
A amarnos con palabras
Y cuando todas sus grandes palabras se agotan
Solo son ricos en viento
Para mí, te amo y es suficiente
Con repetírtelo a menudo