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Ronda Madeleine

Anne Sylvestre

Ronde Madeleine

C'est pourtant vrai qu'elle est belle
Mais on ne le dit pas
Sa beauté n'est pas de celles
Qui font vendre les bas

Elle est comme un beau navire
Entoilée largement
Au moins, quand elle chavire
C'est qu'il y a du vent

On la dit pourtant sereine
Ronde Madeleine
Ronde
Ronde Madeleine

Ronde qui n'est pas en peine
Et qui voudrait dire au monde
Que les rondes abondent
Qu'il en est qui désespèrent
D'être jamais linéaires
Et que la révolte gronde
Chez les rondes, les rondes

Elle a incurvé sa vie
Autour de sa rondeur
Elle s'habille de rires
Et de robes à fleurs

À la mode elle résiste
Et met ce qui lui plaît
Pourquoi s'habiller de triste
Quand on a le cœur gai?

Ce n'est pas ça qui la gêne
Ronde Madeleine
Ronde
Ronde Madeleine

Ronde qui n'est pas en peine
Et qui voudrait deux secondes
Que le monde réponde
Qu'enfin on écoute celles
Qui ne sont pas irréelles
Et que souffle un vent de fronde
Chez les rondes, les rondes

Quand elle se met à table
C'est pour mieux partager
Le plaisir irremplaçable
De se savoir aimée

Elle cueille la tendresse
Et la donne à manger
Dans un monde qui vous blesse
Il faut se protéger

C'est le bonheur qui la mène
Ronde Madeleine
Ronde
Ronde Madeleine

Ronde qui n'est pas en peine
Et qui voudrait que les rondes
Dévergondent le monde
Qu'on veuille enfin reconnaître
Qu'on a le droit d'apparaître
Dans sa nature profonde
Même les rondes, les rondes

Je ne crois pas qu'elle ignore
Tous les mauvais plaisants
Tous ceux qui se déshonorent
En propos méprisants

Non, mais elle a mieux à faire
Une vie c'est si court
Faut la vivre tout entière
Et sans faire un détour

Elle aura rempli la sienne
Ronde Madeleine
Ronde
Ronde Madeleine

Ronde qui n'est pas en peine
Et qui voudrait que

Ronda Madeleine

Viniste en primavera
Con un corazón barnizado, con miel adentro
Yo caminaba por los senderos
Con un pájaro azul en mi corazón de mimbre
Y tenía cosas mucho mejores que hacer
Que escuchar tus plegarias

Con los chicos del caserío
Íbamos a mojar nuestros pies en el agua
Con los chicos de por aquí
Íbamos a ahogar nuestras preocupaciones

Cuando el verano despidió su oro
Tu amor salió a la luz
Pero era la época de la cosecha
Mi corazón no sufría tanto de oraciones
Y tenía cosas mucho mejores que hacer
Que pastar tus quimeras

Con los chicos del pueblo
Nos gustaba balar con nuestras ovejas
Con los chicos de San Juan
Saltábamos sobre las hogueras ligeramente

Luego el otoño giró
Tu corazón tan pesado como nuestros nogales
Para correr la juerga
Iba al lagar a beber el vino dulce
Y tenía cosas mucho mejores que hacer
Que secar tus brezos

Con los chicos, mis vecinos
Íbamos a cosechar las hermosas uvas
Con los chicos del país
Rompiamos las hojas en los matorrales

Es invierno y te vas
Con un corazón herido, con un corazón helado
Ya no tengo mi pájaro azul
Ya no necesito más que un poco de fuego
No veo nada más sensato
Que cerrarte el paso

Si los chicos vienen a llamar
Les cerraremos la puerta en las narices
Serás mi hoguera
Y si me quemo, mejor para mí

Escrita por: Anne Sylvestre