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La Familia

Tachan Henri

La Famille

La famille, c'est comme les oreillons.
Tu te la chopes quand tu n'es qu'un lardon,
Et à huit ans, lequel de nous conteste
Le père, la mère, la tante ou l'oncle Ernest ?
La famille, c'est comme leur Dieu Tout Puissant,
C'est inventé pour les petits n'enfants.
L'respect filial, c'est comme la calotte :
T'as pas le choix, c'est tes premièr'es menottes...

Heureusement, il y avait ma soeurette,
Ses lèvres chaudes contre ma pauvre tête...

La famille, c'est une bande de gens
Que tu n'connais ni des lèvr'es ni des dents,
Des magistrats qu'on t'a commis d'office,
Des étrangers qui t'appellent « mon fils ».
La famille, il se peut qu'y en ait d'sympas.
Tu sens alors l'envie d'ouvrir tes bras,
L'appel du sang ne fait rien à l'affaire :
J'connais un homme qui est cent fois mon père...

Heureusement, il y avait ma soeur Anne,
Ses lèvres chaudes contre mon bonnet d'âne...

La famille, c'est comme la Société,
Les lois y bouff'ent l'amour et l'amitié.
Mon droit d'aînesse j'l'ai laissé pour des billes,
Pas eu moyen d'trouver un plat d'lentilles.
La famille, la vraie, on se la choisit.
C'est p't'être un chien, c'est peut-être un ami,
Et c'est parfois une amour de rencontre,
Une orpheline qu'a ton heure à sa montre...

Heureusement, tu es v'nue, ma frangine,
Tes lèvres chaudes contre ma poitrine,
Heureusement, tu es v'nue, ma p'tite soeur,
Tes lèvres chaudes sont gravées dans mon coeur !

La Familia

La familia, es como la varicela.
La coges cuando eres solo un mocoso,
Y a los ocho años, ¿quién de nosotros cuestiona
Al padre, la madre, la tía o el tío Ernesto?
La familia, es como su Dios Todopoderoso,
Inventado para los pequeños niños.
El respeto filial, es como un golpe en la cabeza:
No tienes opción, son tus primeras esposas...

Afortunadamente, estaba mi hermanita,
Sus labios cálidos contra mi pobre cabeza...

La familia, es un grupo de personas
Que no conoces ni de labios ni de dientes,
Magistrados que te han sido asignados por defecto,
Extraños que te llaman 'hijo mío'.
La familia, puede haber algunos simpáticos.
Entonces sientes el deseo de abrir tus brazos,
El llamado de la sangre no cambia nada:
Conozco a un hombre que es cien veces mi padre...

Afortunadamente, estaba mi hermana Ana,
Sus labios cálidos contra mi gorro de burro...

La familia, es como la Sociedad,
Las leyes devoran el amor y la amistad.
Dejé mi derecho de primogenitura por canicas,
No pude encontrar un plato de lentejas.
La familia, la verdadera, la elegimos.
Puede ser un perro, puede ser un amigo,
Y a veces es un amor encontrado,
Una huérfana que tiene tu hora en su reloj...

Afortunadamente, viniste, hermana mía,
Tus labios cálidos contra mi pecho,
Afortunadamente, viniste, mi hermanita,
Tus labios cálidos están grabados en mi corazón!

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