Quelque Part à Paris
Quelque part, à Paris,
Au métro d'minuit,
Deux amants s'embrassent,
Quelque part, à Paris,
Devant un boui-boui,
Deux amants s'enlacent.
Mais les gens de Paris
Leur jettent, contrits,
Des regards fugaces,
Sans voir, ce samedi
D'été, à Paris,
L'amour aux terrasses...
Quelque part, à Paris,
Sur les Tuileries,
La grande ourse danse,
Dans le ciel de Paris,
Comme des bougies,
Les étoiles tremblent.
Mais les gens de Paris
Marchent, rabougris,
Sous les lampadaires,
Sans voir, ce samedi,
Sur leurs fronts pâlis,
Ce bal de lumières...
Quelque part, à Paris,
Derrière un taudis,
Pleure un limonaire,
Quelque part, à Paris,
Un pauvre génie
Joue en solitaire.
Mais les gens de Paris
Préfèrent la musi-
Que avec partenaire,
Sans ouïr, ce samedi,
Cette symphonie,
A travers les pierres...
Quelque part, à Paris,
Quand les chats sont gris,
Les fantômes sortent,
Quelque part, à Paris,
Ils restent transis,
Sur le pas des portes,
Car les gens de Paris,
Au fond de leur lit,
Comm'e des natures mortes,
Crèvent, petit à petit,
En ce samedi d'été,
A Paris.
En algún lugar en París
En algún lugar, en París,
En el metro de medianoche,
Dos amantes se besan,
En algún lugar, en París,
Frente a un tugurio,
Dos amantes se abrazan.
Pero la gente de París
Les lanzan, compungidos,
Miradas fugaces,
Sin ver, este sábado
de verano, en París,
el amor en las terrazas...
En algún lugar, en París,
En los Jardines de las Tullerías,
La Osa Mayor baila,
En el cielo de París,
Como velas,
Las estrellas tiemblan.
Pero la gente de París
Caminan, encogidos,
Bajo las farolas,
Sin ver, este sábado,
En sus frentes pálidos,
Este baile de luces...
En algún lugar, en París,
Detrás de un tugurio,
Llora un organillero,
En algún lugar, en París,
Un pobre genio
Toca en soledad.
Pero la gente de París
Prefiere la música
Con compañía,
Sin escuchar, este sábado,
Esta sinfonía,
A través de las piedras...
En algún lugar, en París,
Cuando los gatos están grises,
Los fantasmas salen,
En algún lugar, en París,
Permanecen congelados,
En el umbral de las puertas,
Porque la gente de París,
En el fondo de sus camas,
Como naturalezas muertas,
Mueren, poco a poco,
En este sábado de verano,
En París.