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Cuando La Periferia Baje A La Ciudad

Hubert-Félix Thiéfaine

Quand La Banlieue Descendra Sur La Ville

Combattants dans les rues qui puent la trique
La moiteur rance et la mauvaise conscience
Gargouilles ricanantes aux vitrines gothiques
Dans la noria des brancards en cadence
On n'entend plus crapuler dans le vent
Les discours des leaders et des tribuns
Tous les mornes aboyeurs de slogans
Les sycophantes et les théoriciens

Bourgeoises hallucinées dans les poubelles
Qu'elles n'auraient jamais dû quitter naguère
Quatre-vingt neuf c'était leur chiffre à elles
Maintenant ça change de date partenaires
J'espère que l'on assassinera mozart
Et sa zikmu pour noces et matchs de foot
Et qu'y aura du beau tag sur ces boulevards
Plus spleeneux qu'une seringue après un shoot

Quand la banlieue descendra sur la ville
Pour la grande razzia des parias
Quand la banlieue descendra sur la ville
Pour le grand basta des rastas

Eh mec tu t'acharnes a tirer les stores
Pour te cacher de la rue en chaleur
Et tu dis du bout de tes dents en or
Dommage que dieu soit plus à la hauteur
Faut être saturé d'un rare espoir
Pour danser dans les ruines des limousines
Y a ta b, m qui crame sur le trottoir
Dis-toi que c'est beau comme un choeur d'orphelines

Quand la banlieue descendra sur la ville
Quand la banlieue descendra sur la ville

Mercenaires de lilith contre miliciens d'ève
Dans la fumée des incendies sanglants
La rue s'effondre et le peuple se lève
Et j'avoue que ça me laisse pas indifférent
Je débouche un autre vieux corton-charlemagne
En compagnie de ravissantes call-girls
Qui fument joyeuses en dégrafant leurs pagnes
De la sinsémilla dans mon brûle-gueule

Quand la banlieue descendra sur la ville
Pour la grande razzia des parias
Quand la banlieue descendra sur la ville
Pour le grand basta des rastas

Cuando La Periferia Baje A La Ciudad

Luchadores en las calles que huelen a sudor
La humedad rancia y la mala conciencia
Gárgolas burlonas en vitrinas góticas
En la noria de camillas al compás
Ya no se oye a los criminales en el viento
Los discursos de líderes y tribunos
Todos los tristes que ladran consignas
Los sinvergüenzas y los teóricos

Burguesas alucinadas en la basura
De la que nunca debieron salir antes
Noventa y uno era su número
Ahora cambia la fecha, socios
Espero que asesinen a Mozart
Y su música para bodas y partidos de fútbol
Y que haya buen graffiti en esos bulevares
Más melancólicos que una jeringa después de un tiro

Cuando la periferia baje a la ciudad
Para la gran cacería de los parias
Cuando la periferia baje a la ciudad
Para el gran desmadre de los rastas

Eh, amigo, te empeñas en bajar las persianas
Para esconderte de la calle en calor
Y dices con la punta de tus dientes de oro
Lástima que Dios no esté a la altura
Hay que estar saturado de una rara esperanza
Para bailar en las ruinas de las limusinas
Tu b, m que arde en la acera
Dite a ti mismo que es bello como un coro de huérfanas

Cuando la periferia baje a la ciudad
Cuando la periferia baje a la ciudad

Mercenarios de Lilith contra milicianos de Eva
En el humo de incendios sangrientos
La calle se derrumba y el pueblo se levanta
Y confieso que no me deja indiferente
Descorcho otro viejo corton-charlemagne
En compañía de encantadoras escort
Que fuman alegres desabrochando sus faldas
Con la sinsémilla en mi quemador de garganta

Cuando la periferia baje a la ciudad
Para la gran cacería de los parias
Cuando la periferia baje a la ciudad
Para el gran desmadre de los rastas

Escrita por: Hubert-Félix Thiéfaine