Petit matin 4.10 heure d'été
Le temps passe si lentement
& je me sens si fatigué
Le silence des morts est violent
Quand il m'arrache à mes pensées
Je rêve de ces ténèbres froides
Électriques & majestueuses
Où les dandys se tiennent roides
Loin de leurs pulsions périlleuses
Je rêve tellement d'avoir été
Que je vais finir par tomber
Dans cette foire aux âmes brisées
Où le vieux drame humain se joue
La folie m'a toujours sauvé
& m'a empêché d'être fou
Je me regarde au fond des yeux
Dans le miroir des souvenirs
Si partir c'est mourir un peu
J'ai passé ma vie à... Partir
Je rêve tellement d'avoir été
Que je vais finir par tomber
Mes yeux gris reflètent un hiver
Qui paralyse les cœurs meurtris
Mon regard vient de l'ère glaciaire
Mon esprit est une fleur flétrie
Je n'ai plus rien à exposer
Dans la galerie des sentiments
Je laisse ma place aux nouveau-nés
Sur le marché des morts-vivants
Je rêve tellement d'avoir été
Que je vais finir par tomber
Je fixe un océan pervers
Peuplé de pieuvres & de murènes
Tandis que mon vaisseau se perd
Dans les brouillards d'un happy end
Inutile de graver mon nom
Sur la liste des disparus
J'ai broyé mon propre horizon
& retourne à mon inconnu
Je rêve tellement d'avoir été
Que je vais finir par tomber
Déjà je m'avance en bavant
Dans les vapeurs d'un vague espoir
L'heure avant l'aube du jour suivant
Est toujours si cruellement noire
Dans le jardin d'Eden désert
Les étoiles n'ont plus de discours
& j'hésite entre un revolver
Un speedball ou un whisky sour
Je rêve tellement d'avoir été
Que je vais finir par tomber
Pequeña mañana 4.10 hora de verano
El tiempo pasa tan lentamente
& me siento tan cansado
El silencio de los muertos es violento
Cuando me arranca de mis pensamientos
Sueño con esas tinieblas frías
Eléctricas & majestuosas
Donde los dandys se mantienen rígidos
Lejos de sus peligrosas pulsiones
Sueño tanto con haber sido
Que terminaré cayendo
En esta feria de almas rotas
Donde se representa el viejo drama humano
La locura siempre me ha salvado
& me ha impedido volverse loco
Me miro en el fondo de los ojos
En el espejo de los recuerdos
Si partir es morir un poco
He pasado mi vida... Partiendo
Sueño tanto con haber sido
Que terminaré cayendo
Mis ojos grises reflejan un invierno
Que paraliza los corazones heridos
Mi mirada viene de la era glacial
Mi mente es una flor marchita
Ya no tengo nada que mostrar
En la galería de los sentimientos
Dejo mi lugar a los recién nacidos
En el mercado de los muertos vivientes
Sueño tanto con haber sido
Que terminaré cayendo
Contemplo un océano perverso
Poblado de pulpos & morenas
Mientras mi nave se pierde
En las nieblas de un final feliz
Inútil grabar mi nombre
En la lista de los desaparecidos
He triturado mi propio horizonte
& regreso a mi desconocido
Sueño tanto con haber sido
Que terminaré cayendo
Ya avanzo babeando
En los vapores de una vaga esperanza
La hora antes del amanecer del día siguiente
Siempre es tan cruelmente negra
En el jardín del Edén desértico
Las estrellas ya no tienen discurso
& dudo entre un revolver
Un speedball o un whisky sour
Sueño tanto con haber sido
Que terminaré cayendo