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Lisbonne La Nuit

Tony de Matos

Lisboa À Noite

Lisboa adormeceu, já se acenderam
Mil velas nos altares das colinas
Guitarras pouco a pouco emudeceram
Cerraram-se as janelas pequeninas

Lisboa dorme um sono repousado
Nos braços voluptuosos do seu Tejo
Cobriu-a a colcha azul do céu estrelado
E a brisa veio, a medo, dar-lhe um beijo

Lisboa
Andou de lado em lado
Foi ver uma toirada
Depois bailou, bebeu
Lisboa
Ouviu cantar o fado
Rompia a madrugada
Quando ela adormeceu

Lisboa não parou a noite inteira
Boémia, estouvanada, mas bairrista
Foi à sardinha assada lá na Feira
E à segunda sessão duma revista

Dali pró Bairro Alto enfim galgou
No céu a Lua cheia refulgia
Ouviu cantar a Amália e então sonhou
Que era a saudade aquela voz que ouvia

Lisboa
Andou de lado em lado
Foi ver uma toirada
Depois bailou, bebeu
Lisboa
Ouviu cantar o fado
Rompia a madrugada
Quando ela adormeceu

Lisbonne La Nuit

Lisbonne s'est endormie, les lumières s'allument
Mille bougies sur les autels des collines
Les guitares peu à peu se sont tues
Les petites fenêtres se sont fermées

Lisbonne dort d'un sommeil paisible
Dans les bras voluptueux de son Tage
Elle est couverte par la couverture bleue du ciel étoilé
Et la brise est venue, timidement, lui donner un baiser

Lisbonne
A fait des allers-retours
Est allée voir une corrida
Puis a dansé, a bu
Lisbonne
A entendu chanter le fado
L'aube se levait
Quand elle s'est endormie

Lisbonne n'a pas arrêté de la nuit entière
Bohème, désinvolte, mais de son quartier
Elle est allée manger des sardines grillées à la Foire
Et à la deuxième séance d'une revue

De là, elle a enfin grimpé vers le Bairro Alto
Dans le ciel, la pleine lune brillait
Elle a entendu chanter Amália et alors elle a rêvé
Que c'était la saudade cette voix qu'elle entendait

Lisbonne
A fait des allers-retours
Est allée voir une corrida
Puis a dansé, a bu
Lisbonne
A entendu chanter le fado
L'aube se levait
Quand elle s'est endormie

Escrita por: Carlos Dias, Fernando Santos