Fragment Cinquième
Jeté dans ce rien qui constitue le tout
Cet homme qui se croyait si sain
Réalise tout à coup
Qu'il ne peut plus voir ses mains
Mais quelles mains
N'en a-t-il jamais eues
Peut-être n'a-t-il en fait jamais vécu
Et que tout ceci n'est point
Ses mains ont pourtant bel et bien disparu
Reparaîtront-elles demain
Ou le temps lui-même n'est plus une certitude
Plongeant cet être dans la plus folle inquiétude
Ce vivant, point de moi mais un il
Car même le je ne peut pas être
Trop abstrait, qui ne peut connaître
Dans cette absence de monde qu'est l'exil
Mais l'angoisse de ces mains perdues ressurgit
A l'instant même ou la conscience rugit
Et dévoile que les bras à leur tour
Se sont résorbés sans possibilité de retour
La mutilation d'un corps
En parallèle avec celle d'un usage
Déchaîne le sort
Contre le sage
Sensuellement le liseron de l'oubli l'enlise
Et de ses paroles luxurieuses le grise
L'étreinte amoureuse de l'hystérie sur l'homme castré
Promet de toujours le cajoler
Lui, ce mâle qui a perdu ses atouts les plus virils
Annihilant ses aspirations les plus viles
Mais où sont donc passées ces mains
Fragmento Quinto
Arrojado en esta nada que constituye el todo
Este hombre que se creía tan sano
De repente se da cuenta
Que ya no puede ver sus manos
Pero ¿qué manos?
¿Acaso nunca las tuvo?
Quizás nunca ha vivido en realidad
Y todo esto no es real
Sus manos han desaparecido sin embargo
¿Volverán mañana?
O el tiempo mismo ya no es una certeza
Sumiendo a este ser en la más loca inquietud
Este ser vivo, no un yo sino un él
Porque ni siquiera el yo puede existir
Demasiado abstracto, quien no puede comprender
En esta ausencia de mundo que es el exilio
Pero la angustia de esas manos perdidas resurge
En el mismo instante en que la conciencia ruge
Y revela que los brazos a su vez
Se han disuelto sin posibilidad de retorno
La mutilación de un cuerpo
Paralela a la de un uso
Desata el destino
Contra el sabio
Sensualmente la enredadera del olvido lo atrapa
Y con sus palabras lujuriosas lo embriaga
El abrazo amoroso de la histeria sobre el hombre castrado
Promete siempre acariciarlo
Él, este macho que ha perdido sus atributos más viriles
Aniquilando sus aspiraciones más viles
Pero ¿dónde han ido a parar esas manos