395px

Los Tres Mandarines

Ventura Ray

Les Trois Mandarins

Un Français de bonne mine
Rapportait de son voyage en Chine
Mille souvenirs très précieux
Sur le langage étrange de ces fils des cieux.
Il paraît qu'un jour de fête,
Il alla, muni d'un interprète,
Présenter ses vœux à trois mandarins
Avec lesquels il voulait bavarder un brin.
A la porte, dès qu'il apparut,
Les trois mandarins se tâtèrent,
S'inclinèrent en un profond salut
Et d'une même voix lui récitèrent :

{Refrain:}
Tigne-ligne lign' Fou-Tchéou-Ou
Sé Tchouen et Pétchi-li Hang-Ké-Ou
Ping et Pong et Wing et Wong et Ho-ang Ho
Ou-Tchéou-Tsinta-ô Ou-Tchéou-Tsinta-ô
Et Sing et Pa-o Ting et Sou-Tché ou Péi-Fou !
Et toc, un point c'est tout

Cette allocution abstraite,
Ayant paru claire à l'interprète,
Il dit simplement, d'un ton pénétré :
Voici la traduction, l'on vous a dit : Entrez !
Quoi ? C'est tout ? dit le Français, surpris.
Un seul mot traduit leur parabole ?
Lors, croyant qu'il n'avait pas compris,
Les mandarins reprirent la parole :

{au Refrain}

Notre Français, d'un pas leste,
S'avança devant les trois Célestes
Mais, comme il allait répondre au salut,
D'une commune voix, les mandarins dirent : U !
Interprète, expliquez-moi donc.
Qu'est-ce encore que ce «U !» veut dire ?
L'interprète se gratta le menton
Et dit : Voilà, Monsieur, je vais traduire

Cher ami au blanc visage,
Un bon vent t'amène à nos rivages / [ou : Sois le bienvenu sur nos rivages]
La nature en joie fête l'étranger
Car voici la saison où fleurit l'oranger.
Nos épouses mandarines
Sont là-bas dans la chambre voisine,
Excepté la femme de Ping-Pong Tsé.
Elle n'a pas pu venir. Elle est indisposée / [ou : Car elle est alitée]
Le docteur est venu, mais il n'y a rien vu.
D'abord, on sait qu'il n'y a jamais rien connu.
C'est un vieillard têtu. D'ailleurs, il est cocu.
Et puis, n'en parlons plus. Tout ça est superflu.
Ami au blanc visage, sois le bienvenu.
Oui, tout cela se dit : U !

Los Tres Mandarines

Un francés de buena apariencia
Traía de su viaje a China
Mil recuerdos muy valiosos
Sobre el extraño lenguaje de estos hijos del cielo.
Parece que un día de fiesta,
Fue, con un intérprete,
A presentar sus deseos a tres mandarines
Con quienes quería charlar un poco.
En la puerta, tan pronto apareció,
Los tres mandarines se palparon,
Se inclinaron en un profundo saludo
Y con una misma voz le recitaron:

{Estribillo:}
Tigne-ligne lign' Fou-Tchéou-Ou
Sé Tchouen y Pétchi-li Hang-Ké-Ou
Ping y Pong y Wing y Wong y Ho-ang Ho
Ou-Tchéou-Tsinta-ô Ou-Tchéou-Tsinta-ô
Y Sing y Pa-o Ting y Sou-Tché ou Péi-Fou !
Y toc, un punto es todo

Esta alocución abstracta,
Habiendo parecido clara al intérprete,
Él simplemente dijo, con tono penetrante:
¡Aquí está la traducción, les han dicho: ¡Entren!
¿Qué? ¿Eso es todo? dijo el francés, sorprendido.
¿Una sola palabra traduce su parábola?
Entonces, creyendo que no había entendido,
Los mandarines volvieron a hablar:

{al Estribillo}

Nuestro francés, con paso ligero,
Se acercó ante los tres Celestiales
Pero, cuando iba a responder al saludo,
De una voz común, los mandarines dijeron: ¡U!
Intérprete, explícame entonces.
¿Qué significa este '¡U!'?
El intérprete se rascó la barbilla
Y dijo: Aquí, señor, voy a traducir

Querido amigo de rostro blanco,
Un buen viento te trae a nuestras costas
La naturaleza celebra alegre al extranjero
Pues es la temporada en que florece el naranjo.
Nuestras esposas mandarinas
Están allá en la habitación contigua,
Excepto la mujer de Ping-Pong Tsé.
Ella no pudo venir. Está indispuesta
El doctor vino, pero no vio nada.
Primero, se sabe que nunca se ha sabido nada.
Es un viejo terco. Además, es cornudo.
Y luego, no hablemos más de eso. Todo eso es superfluo.
Amigo de rostro blanco, sé bienvenido.
Sí, todo eso se dice: ¡U!

Escrita por: