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Sobre los otros

Véronique Pestel

Au fil des autres

Ma vie n'est qu'un long chant tendu vers je ne sais quel ou qui, quelle ou quoi
Ma vie n'est qu'un long chant parmi les chants perdus qui se cherchent en chemin
L'être humain que je suis s'attarde encore souvent sur son propre destin
Sans oublier pourtant tout à fait que sa vie ne tient qu'au fil des autres
Et tient d'un peu chacun

Ma vie n'est qu'un long chant semblable au cimetière d'un village oublié
Peuplé d'amis perdus, d'amoureux éconduits, de femmes trépassées
L'être humain que je suis s'attarde encore souvent sur son propre passé
Sans oublier pourtant tout à fait que sa vie se doit à ceux qui viennent
À ceux qui sont restés

Je suis vivante, c'est à vous
Morts ou vivants que je le voue
Je suis vivante comme un fou
Qui porte souffrance à son cou
Sans jamais tomber sous le joug
Et sans distinguer peu ou prou
Le poids qui le met à genoux
Du collier qui le tient debout

Ma vie n'est qu'un long chant d'amour éberlué d'être encore désirable
Aux yeux de celles et ceux qu'elle a choisi, un jour, pour honorer sa table
L'être humain que je suis s'attarde encore souvent devant l'intolérable
Sans oublier pourtant tout à fait que sa vie ne doit qu'à ceux qu'elle aime
D'être un peu secourable

Je suis vivante, c'est à vous
Que je le dois, que je le voue
J'aime le monde à travers vous
Vêtu de vie, vêtu de vous
Bonheur à vie, bonheur à vous
Quand je m'agrippe à votre cou
Je pourrais n'être qu'un licou
Vous me portez comme un bijou

Ma vie n'est qu'un long chant tendu vers je sais bien quel ou qui, quelle ou quoi
Ma vie n'est qu'un long chant parmi les chants trouvés qui la guident en chemin
L'être humain que je suis s'attarde encore souvent sur son propre destin
Sans oublier pourtant tout à fait que sa vie ne tient qu'au fil des autres
Et tient d'un peu chacun

Sobre los otros

Mi vida es sólo una larga canción estirada hacia no sé quién, qué o qué
Mi vida no es más que una larga canción entre las canciones perdidas que buscan en el camino
El ser humano que soy todavía a menudo perdura en su propio destino
Sin mencionar, sin embargo, que su vida sólo está en línea con los demás
Y tiene un poco cada uno

Mi vida no es más que una larga canción como el cementerio de un pueblo olvidado
Poblado de amigos perdidos, amantes desmantelados, mujeres obsoletas
El ser humano que soy todavía a menudo perdura en su propio pasado
Sin mencionar, sin embargo, que su vida se debe a los que vienen
A los que se quedaron

Estoy vivo, es tuyo
Vivo o muerto como yo lo hago
Estoy vivo como un loco
Que le trae sufrimiento al cuello
Sin caer nunca bajo el yugo
Y sin distinguir poco o más
El peso que le pone de rodillas
Desde el cuello que lo mantiene erguido

Mi vida es sólo una larga canción de amor deslumbrada a ser aún deseable
A los ojos de aquellos que eligió, un día, para honrar su mesa
El ser humano que soy todavía a menudo permanece delante de lo intolerable
Sin mencionar, sin embargo, que su vida se debe sólo a aquellos que ama
Para ayudar un poco

Estoy vivo, es tuyo
Que se lo debo, que se lo debo
Amo el mundo a través de ti
Vestida de vida, vestida de ti
Felicidad por la vida, felicidad para ti
Cuando me aferro a tu cuello
Podría ser un halter
Me llevas como una joya

Mi vida es sólo una larga canción estirada hacia Yo sé qué o quién, qué o qué
Mi vida no es más que una larga canción entre las canciones encontradas que la guían en el camino
El ser humano que soy todavía a menudo perdura en su propio destino
Sin mencionar, sin embargo, que su vida sólo está en línea con los demás
Y tiene un poco cada uno

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