Vanina s'en va
{Refrain:}
Vanina s'en va
Vanina s'en va de la vie
Comme vous et moi, va
Comme vous et moi, quand c'est fini
Un jour ou l'autre
D'un jour à l'autre ou lentement
L'un derrière l'autre
Chacun regagne son néant
Vanina s'en va
Vanina s'en va, c'est pas grave
L'a bien vécu, va
Son grand siècle de bout en bout
De guerre en paix, de droite à gauche à rien du tout
Premier Jaurès, premier amour
Ambulancière de nuit, de jour
Pour ne plus entendre là-bas le glas qui sonne
Les années vingt lui font l'humour
D'une insolence à cheveux courts
Le droit de vote est à deux pas de charleston
Alors les trente font la java
Pour la retourner comme un bas
Mais elle choisit Colette et rit de Montherlant, ha !
Quand elle n'est pas au syndicat
Garbo la trouble au cinéma
Pour faire une femme, évidemment, c'est un peu lent
{au Refrain}
L'été trente-six est populaire
Mais un congé chez les Ibères
Brise son rêve et c'est la grève où vient s'échouer
Son désespoir de plein hiver
Quand l'an quarante se perd en guerre
Et qu'il faut bien que nagent ou crèvent les bafoués
Alors en dépit des képis
La voilà qui passe au maquis
Sur son vélo, des lettres lentes de menace
Jusqu'à ce jour de Normandie
Qui la débarque bien en vie
Sur le quai des années cinquante, le temps passe
Vanina s'en va
Vanina s'en va, c'est pas grave
L'a bien vécu, va
Son grand siècle de bout en bout
De guerre en paix, de droite à gauche
Quinquagénaire à Saint-Germain
Quand déchantent les lendemains
Parce que l'empire français salope les Droits de l'Homme
Mais un printemps estudiantin
La fait rejouir de son latin
Chez les Salopes à la Sorbonne
Et c'est à l'art d'être grand'mère
Qu'elle ira frotter ses chimères
Chez les cathos pour être utile à quelque chose, ah !
La grande chose humanitaire
Qui la porte, nonagénaire, à croire encore aux justes causes
{au Refrain}
Debout !
Vanina se va
{Estribillo:}
Vanina se va
Vanina se va de la vida
Como tú y yo, va
Como tú y yo, cuando todo ha terminado
Tarde o temprano
De un día a otro o lentamente
Uno tras otro
Cada uno regresa a su nada
Vanina se va
Vanina se va, no importa
Ha vivido bien, va
Su gran siglo de principio a fin
De guerra en paz, de derecha a izquierda a nada
El primer Jaurès, primer amor
Ambulanciera de noche, de día
Para no escuchar más allá el tañido de la campana
Los años veinte le dan el humor
De una insolencia con cabello corto
El derecho al voto está a un paso del charlestón
Entonces los treinta hacen la fiesta
Para darle la vuelta como un calcetín
Pero ella elige a Colette y se ríe de Montherlant, ¡ja!
Cuando no está en el sindicato
Garbo la perturba en el cine
Para convertirse en mujer, obviamente, es un poco lento
{Estribillo}
El verano del treinta y seis es popular
Pero unas vacaciones en tierras ibéricas
Rompen su sueño y es la huelga donde su desesperación se estrella
En pleno invierno
Cuando el año cuarenta se pierde en guerra
Y es necesario que naden o se ahoguen los pisoteados
Entonces a pesar de los kepis
Ahí va ella al maquis
En su bicicleta, cartas lentas de amenaza
Hasta ese día en Normandía
Que la desembarca bien viva
En el muelle de los años cincuenta, el tiempo pasa
Vanina se va
Vanina se va, no importa
Ha vivido bien, va
Su gran siglo de principio a fin
De guerra en paz, de derecha a izquierda
Cincuentona en Saint-Germain
Cuando se desencantan los días siguientes
Porque el imperio francés pisotea los Derechos Humanos
Pero una primavera estudiantil
La hace disfrutar de su latín
Con las Zorras en la Sorbona
Y es en el arte de ser abuela
Donde irá a frotar sus quimeras
Con los católicos para ser útil en algo, ¡ah!
La gran cosa humanitaria
Que la lleva, nonagenaria, a seguir creyendo en las causas justas
{Estribillo}
¡De pie!