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Las lesiones peligrosas

Boris Vian

Les lésions dangereuses

Tu l'as donc rencontré
Dans un pauvre bistrot
Où tu vas le matin très tôt
Prendre un petit café
Il venait tous les jours
Et toi tu as fini
Le voyant si triste toujours
Par le trouver gentil
Et hier soir dans ta maison
Tu étais gaie comme un pinson

Ses yeux
Qui te plaisaient tant
T'avaient caressé
D'un regard si tendre
Sa bouche
Qui te plaisait tant
T'avait dit des mots
Pleins de sentiments
Son cœur
Qui te plaisait tant
Battait doucement
Au rythme des rêves
Ses mains
Qui te plaisaient tant
Etreignaient tes mains
D'un geste enivrant

Il avait des beaux yeux
Il avait des mains fines
Une bouche bien dessinée
Il était'seul et digne
Tu pensais à son cœur
Tu voulais l'éveiller
Imaginant sa pauvre vie
Tu voulais l'égayer
Mais hier soir dans sa maison
Il était gai comme un pinson

Ses yeux
Qui te plaisaient tant
Regardaient le sang
Couler sur la table
Son cœur
Qui te plaisait tant
Sonnait à coups sourds
Le glas des amants
Sa bouche
Qui te plaisait tant
Murmurait des mots
Qui te rendaient folle
Ses mains
Qui te plaisaient tant
Poussaient un couteau
Dans un ventre blanc

Il préparait des merlans

Las lesiones peligrosas

Lo encontraste entonces
En un pobre bar
Donde vas muy temprano
A tomar un cafecito
Él venía todos los días
Y tú terminaste
Al verlo tan triste siempre
Por considerarlo amable
Y anoche en tu casa
Estabas alegre como un jilguero

Sus ojos
Que tanto te gustaban
Te habían acariciado
Con una mirada tan tierna
Su boca
Que tanto te gustaba
Te había dicho palabras
Llenas de sentimientos
Su corazón
Que tanto te gustaba
Latía suavemente
Al ritmo de los sueños
Sus manos
Que tanto te gustaban
Apretaban tus manos
Con un gesto embriagador

Él tenía unos ojos hermosos
Tenía manos delicadas
Una boca bien formada
Era solitario y digno
Pensabas en su corazón
Querías despertarlo
Imaginando su triste vida
Querías alegrarlo
Pero anoche en su casa
Él estaba alegre como un jilguero

Sus ojos
Que tanto te gustaban
Miraban la sangre
Fluir sobre la mesa
Su corazón
Que tanto te gustaba
Sonaba a golpes sordos
El toque de los amantes
Su boca
Que tanto te gustaba
Susurraba palabras
Que te volvían loca
Sus manos
Que tanto te gustaban
Clavaban un cuchillo
En un vientre blanco

Él preparaba merluzas

Escrita por: Boris Vian