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Dans ma main, enfin tu es

Vincenzo Bellini

In Mia Mano Alfin Tu Sei

[NORMA]
In mia man alfin tu sei:
Niun potria spezzar tuoi nodi.
Io lo posso.

[POLLIONE]
Tu nol dei.

[NORMA]
Io lo voglio.

[POLLIONE]
E come?

[NORMA]
M'odi.
Pel tuo Dio, pei figli tuoi,
Giurar dei che d'ora in poi
Adalgisa fuggirai,
All'altar, all'altar non la torrai,
E la vita io ti perdono,
E mai più, e mai più ti rivedrò.
Giura.

[POLLIONE]
No. Si vil non sono.

[NORMA]
Giura, giura!

[POLLIONE]
Ah! Pria morrò!

[NORMA]
Non sai tu che il mio furore
Passa il tuo?

[POLLIONE]
Ch'ei piombi attendo.

[NORMA]
Non sai tu che ai figli in core
Questo ferro?

[POLLIONE]
Oh Dio! Che intendo?

[NORMA]
Sì, sovr'essi alzai la punta.
Vedi, vedi a che son giunta!
Non ferii, ma tosto, adesso
Consumar potrei l'eccesso.
Un istante, e d'esser madre
Mi poss'io dimenticar!

[POLLIONE]
Ah! Crudele, in sen del padre
Il pugnal tu dei vibrar!
A me il porgi.

[NORMA]
A te?

[POLLIONE]
Che spento, spento cada io solo!

[NORMA]
Solo? Tutti!
I Romani a cento a cento
Fian mietuti, fian distrutti,
E Adalgisa …

[POLLIONE]
Ahimè!

[NORMA]
Infedele a suoi voti …

[POLLIONE]
Ebben, crudele?

[NORMA]
Adalgisa fia punita,
Nelle fiamme perirà, sì, perirà!

[POLLIONE]
Ah! Ti prendi la mia vita,
Ma di lei, di lei pietà!
Ma di lei, di lei pietà!

[NORMA]
Preghi alfine?
Indegno! È tardi.
Nel suo cor ti vo' ferire,
Sì, nel suo cor ti vo' ferire!
Già mi pasco ne' tuoi sguardi,
Del tuo duol, del suo morire,
Posso alfine, io posso farti
Infelice al par di me!
Posso alfine, posso alfine
Infelice al par di me!

[POLLIONE]
Ah! T'appaghi il mio terrore!
Al tuo piè son io piangente!
Al tuo piè son io piangente!
In me sfoga il tuo furore,
Ma risparmia un'innocente!
Basti, basti a vendicarti
Ch'io mi sveni innanzi a te!
Ah! Crudele

[NORMA]
Posso farti alfine
Posso farti infelice al par di me!
Al par, al par di me!
Al par, al par, al par di me!

[POLLIONE]
Basti, basti a vendicarti
Ch'io mi sveni innanzi a te! A te!
Innanzi a te! Innanzi a te!

Dans ma main, enfin tu es

[NORMA]
Dans ma main, enfin tu es :
Personne ne pourrait briser tes liens.
Je le peux.

[POLLIONE]
Tu ne dois pas.

[NORMA]
Je le veux.

[POLLIONE]
Et comment ?

[NORMA]
Écoute-moi.
Pour ton Dieu, pour tes enfants,
Tu jureras qu'à partir de maintenant
Adalgisa, tu fuiras,
À l'autel, à l'autel, tu ne la prendras pas,
Et la vie, je te la pardonne,
Et jamais plus, jamais plus je ne te reverrai.
Jure.

[POLLIONE]
Non. Je ne suis pas si lâche.

[NORMA]
Jure, jure !

[POLLIONE]
Ah ! Je mourrai d'abord !

[NORMA]
Ne sais-tu pas que ma fureur
Dépasse la tienne ?

[POLLIONE]
J'attends qu'il tombe.

[NORMA]
Ne sais-tu pas que pour les enfants dans le cœur
Cette lame ?

[POLLIONE]
Oh Dieu ! Que comprends-je ?

[NORMA]
Oui, je l'ai levée sur eux.
Regarde, regarde jusqu'où je suis arrivée !
Je ne blesserai pas, mais tout de suite, maintenant
Je pourrais consommer l'excès.
Un instant, et d'être mère
Je pourrais oublier !

[POLLIONE]
Ah ! Cruelle, dans le sein du père
Le poignard tu dois frapper !
Donne-le-moi.

[NORMA]
À toi ?

[POLLIONE]
Que je tombe, tombé, seul !

[NORMA]
Seul ? Tous !
Les Romains, par centaines,
Seront moissonnés, seront détruits,
Et Adalgisa …

[POLLIONE]
Hélas !

[NORMA]
Infidèle à ses vœux …

[POLLIONE]
Eh bien, cruelle ?

[NORMA]
Adalgisa sera punie,
Dans les flammes elle périra, oui, périra !

[POLLIONE]
Ah ! Tu prends ma vie,
Mais pour elle, pour elle, pitié !
Mais pour elle, pour elle, pitié !

[NORMA]
Tu pries enfin ?
Indigne ! Il est trop tard.
Dans son cœur je veux te blesser,
Oui, dans son cœur je veux te blesser !
Déjà je me nourris de tes regards,
De ta douleur, de sa mort,
Je peux enfin, je peux te rendre
Malheureux comme moi !
Je peux enfin, je peux enfin
Malheureux comme moi !

[POLLIONE]
Ah ! Que ma terreur te suffise !
À tes pieds je suis en larmes !
À tes pieds je suis en larmes !
Décharge ta fureur sur moi,
Mais épargne une innocente !
Qu'il suffise, qu'il suffise de te venger
Que je m'évanouisse devant toi !
Ah ! Cruelle

[NORMA]
Je peux enfin te faire
Je peux te rendre malheureux comme moi !
Comme moi, comme moi !
Comme moi, comme moi, comme moi !

[POLLIONE]
Qu'il suffise, qu'il suffise de te venger
Que je m'évanouisse devant toi ! Devant toi !
Devant toi ! Devant toi !

Escrita por: Vincenzo Bellini