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Los Chibanis

Zebda

Les Chibanis

Ce qu’ils ont au fond de l’assiette est si petit
Qu’on leur dit pas, tu leur dis pas bon appétit
C’est une soupe à la grimace, comme des larmes qu’ils ramassent
Qu’ils boivent et qu’ils gardent pour eux
Vu que tout est dit au fond d’eux
Une cuillère un tabouret
Un rideau rien de coloré
C’est qu’on fait pas dans la couleur quand t’as vécu dans la douleur

Ils vivent quand tout est fini
Et meurent sans cérémonie
Ce sont les vieux nos anciens
Ce sont les deux réunis
Ce qui nous laisse démunis
Le soir quand on se réunit
C’est qu’on a oublié la compagnie des Chibanis

Ils ont des souvenirs si flous
Qu’ils les accrochent avec des clous
Et quand il pleut averse, toutes les gouttes les traversent
Ils sont dans les livres d’Histoire comme nous dans une passoire
Comme l’oiseau perdu eu gré
Du vent qui veut pas de regret
Ils vont et viennent à la merci d’un casse-toi ou d’un merci

Qu’ils soient fils ou qu’ils soient parents
Ils meurent une fois par an
A chaque fois qu’une naissance, marque d’une croix leur absence
Ils en écrivent des phrases et ça efface pas l’ardoise
Pendant qu’ils s’endorment ils s’éteignent
Après un petit coup de peigne
Et tranquillement disparaissent dans l’attente d’une caresse

Los Chibanis

Lo que tienen en la parte inferior de la placa es tan pequeño
No se lo digas, no se lo digas
Es una sopa de mueca, como lágrimas que recogen
Que beban y se guarden para sí mismos
Dado que todo se dice en las profundidades de ellos
La cuchara el taburete
Una cortina nada colorido
Es porque no estamos de color cuando has vivido con dolor

Viven cuando todo ha terminado
Y morir sin ceremonia
Estos son los viejos nuestros viejos
Estos son los dos juntos
Lo que nos deja indigentes
Por la noche, cuando nos reunimos
Es porque nos olvidamos de la compañía de los Chibanis

Tienen recuerdos tan borrosos
Deja que los cuelguen con clavos
Y cuando llueve lluvias, todas las gotas pasan a través de ellas
Están en libros de historia como nosotros en un colador
Como el pájaro perdido voluntariamente
Viento que no quiere arrepentirse
Vienen y van a merced de un descanso o de un agradecimiento

Ya sean hijos o padres
Mueren una vez al año
Cada vez que un nacimiento, marca con una cruz su ausencia
Escriben frases y no borra la pizarra
Mientras se duermen salen
Después de un pequeño golpe de peine
Y en silencio desaparecer esperando una caricia

Escrita por: Zebda