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Amsterdam

Patrick Bruel

Amsterdam

Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui chantent
Les rêves qui les hantent
Au large d'Amsterdam
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui dorment
Comme des oriflammes
Le long des berges mornes
Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui meurent
Pleins de bière et de drames
Aux premières lueurs
Mais dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui naissent
Dans la chaleur épaisse
Des langueurs océanes

Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui mangent
Sur des nappes trop blanches
Des poissons ruisselants
Ils vous montrent des dents
A croquer la fortune
A décroisser la lune
A bouffer des haubans
Et ça sent la morue
Jusque dans le coeur des frites
Que leurs grosses mains invitent
A revenir en plus
Puis se lèvent en riant
Dans un bruit de tempête
Referment leur braguette
Et sortent en rotant

Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui dansent
En se frottant la panse
Sur la panse des femmes
Et ils tournent et ils dansent
Comme des soleils crachés
Dans le son déchiré
D'un accordéon rance
Ils se tordent le cou
Pour mieux s'entendre rire
Jusqu'à ce que tout à coup
Accordéon expire
Alors le geste grave
Alors le regard fier
Ils ramènent leur batave
Jusqu'en pleine lumière

Dans le port d'Amsterdam
Y a des marins qui boivent
Et qui boivent et reboivent
Et qui reboivent encore
Ils boivent à la santé
Des putains d'Amsterdam
De Hambourg ou d'ailleurs
Enfin ils boivent aux dames
Qui leur donnent leur joli corps
Qui leur donnent leur vertu
Pour une pièce en or
Et quand ils ont bien bu
Se plantent le nez au ciel
Se mouchent dans les étoiles
Et ils pissent comme je pleure
Sur les femmes infidèles

Dans le port d'Amsterdam
Dans le port d'Amsterdam

Amsterdam

En el puerto de Ámsterdam
Hay marineros que cantan
Los sueños que los persiguen
En alta mar de Ámsterdam
En el puerto de Ámsterdam
Hay marineros que duermen
Como estandartes
A lo largo de las orillas sombrías
En el puerto de Ámsterdam
Hay marineros que mueren
Llenos de cerveza y dramas
A las primeras luces
Pero en el puerto de Ámsterdam
Hay marineros que nacen
En el espeso calor
De las languideces oceánicas

En el puerto de Ámsterdam
Hay marineros que comen
Sobre manteles demasiado blancos
Peces goteantes
Te muestran dientes
Para morder la fortuna
Para descolgar la luna
Para devorar los obenques
Y huele a bacalao
Hasta en el corazón de las papas fritas
Que sus grandes manos invitan
A regresar por más
Luego se levantan riendo
Con un ruido de tormenta
Cierran su bragueta
Y salen eructando

En el puerto de Ámsterdam
Hay marineros que bailan
Frotándose el vientre
Sobre el vientre de las mujeres
Y giran y bailan
Como soles escupidos
En el sonido desgarrado
De un acordeón rancio
Se retuercen el cuello
Para escucharse reír mejor
Hasta que de repente
El acordeón expira
Entonces el gesto serio
Entonces la mirada orgullosa
Traen de vuelta su batavia
Hasta plena luz

En el puerto de Ámsterdam
Hay marineros que beben
Y beben y vuelven a beber
Y siguen bebiendo
Brindan por la salud
De las putas de Ámsterdam
De Hamburgo o de cualquier otro lugar
Finalmente brindan por las damas
Que les entregan su hermoso cuerpo
Que les entregan su virtud
Por una moneda de oro
Y cuando han bebido lo suficiente
Levantan la nariz al cielo
Se suenan en las estrellas
Y mean como yo lloro
Sobre las mujeres infieles

En el puerto de Ámsterdam
En el puerto de Ámsterdam

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