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Herencia Pa' Un Hijo Gaucho (Parte II)

José Larralde

LetraSignificado

Héritage pour un Fils de Gaucho (Partie II)

Herencia Pa' Un Hijo Gaucho (Parte II)

Si tu me permets de m'installerSi me permite templar
et que tu ne te montres pas impatient,y no se muestra impaciente,
si tu me laisses me posersi me deja que me asiente
et que tu ne me pousses pas à partir,y no me saca apurao,
peut-être qu'à travers le passécapaz que dentro del pasao
je parviendrai jusqu'au présent.y me llego hasta el presente.
Je suis né comme tout le mondeNací como nacen todos
avec du sang de la même couleur.sangre del mismo color.
Nu comme une fleurDesnudo como una flor
en souffrance parce que c'est ainsi.doledor porque es el modo.
Je n'ai eu d'autre confortNo tuve más acomodo
que ma façon de dormir,que mi forma de dormir,
et c'est en allant et venanty fue que al ir y venir
sur les chemins de l'oubli,por caminos del olvido,
que j'ai appris, presque par hasard,me entere como al descuido
le droit de vivre.del derecho de vivir.
Des couplets que j'ai chantés hierDe coplas que ayer cante
ont dit beaucoup de choses,se dijeron muchas cosas,
certains élogieux,algunas alabanciosas
d'autres pleins de venin,otras llenas de ponzoñas
c'est vrai que chacun a ses ronces,cada uno tiene sus roñas
but le propriétaire les trouve belles.pero el dueño las ve hermosas.
Je me souviens lors d'une soiréeRecuerdo en una matiada
de notre longue conversationconversamos medio largo
et vous savez que, par obligation,y Usté sabe que de encargo
je n'aime pas trop parler.no me gusta decir nada.
L'âne donne un coup de piedEl burro da la patada
quand il le juge nécessaire.cuando lo cree necesario.
Je sais que cela dérange beaucoupSé que a muchos les molesta
que je ne reste pas muetque no me quede callao
entre le silence et le cri,entre el silencio y gritao,
je reste avec celui qui crie.me quedo con el que grita.
Si la bande est toute neuve,Si la tropilla es nuevita
ne joue pas avec la cloche coincée.no uses badajo trabao.
Peu importe que certains pensentNo importa que alguno piense
que je me répands en paroles,que me amontono en decir,
j'pense juste à continuer,tan sólo pienso en seguir,
je ne veux pas rester là,no quiero estarme parao,
j'ai un chemin tracétengo un camino trazao
que j'arpenterai jusqu'à mourir.lo tranquiare hasta morir.
Ne pense jamaisNo vaya a pensar jamás
que parce que je respire, c'est gratuit.que porque es gratis respiro.
Il y en a qui vivent de soupirsHay quien vive a los suspiros
ou alors je n'ai pas appris à soupirer.o yo no aprendí a suspirar.
Quand je dois remplirCuando tengo que llenar
mes poumons pour crier,mis pulmones pa´gritar
je ne peux pas les retenirno los puedo asujetar
ni même essayer.ni tampoco lo he intentao.
Je préfère mourir noyéPrefiero morir ahogao
qu'à faire le cri de l'arrière.que echar el grito pa´atrás.
et avant que se taisenty enantes de que enmudezcan
les cordes de mon ressenti,las cuerdas de mi sentir,
je voudrais te direyo le quisiera decir
ainsi, comme à l'accoutumée,ansí, como a la pasada,
les sommes de quelques soustractionslas sumas de unas restadas
et les points de certains "i".y los puntos de unas "i".
Et ne crois jamaisY jamás se vaya creer
que je crie pour être à la mode.que grito pa´estar de moda.
Tout bagual s'installeTodo bagual se acomoda
quand il commence à pleuvoir,cuanto dentra a garugar,
mais tu ne les trouveras jamaispero jamás lo han de hallar
selon le ressenti de ma douleur,al pingo de mi sentir
en train de subir la souffrance,echando al anca el sufrir,
ni de se plaindre sous la pluie.ni rajando al aguacero.
Ce que ma peau ne supporte pasLo que no aguante mi cuero
finit au plus profond des os.hasta el hueso se ha de hundir.
Pendant que tu prépares le mateMientras Usté sacude el mate
et que tu sors de l'herbe du récipient,y saca yerba del tarro,
je vais fumer une cigaretteyo voy a pitar un cigarro
comme pour prendre un moment,tanto como pa´un descanso,
et attendre que cette fumée doucey esperar que este humo manso
me fasse plier la carcasse.me vaya cuarteando el carro.
À d'autres tempsEn ocasiones pasadas
quand je savais piquer,cuando yo supe pionar,
si j'ai voyagési me habré puesto a viajar
entremêlé de fumée.entremezclao con el humo.
C'est pourquoi, pourquoi quand je fumePor eso, por eso que cuando fumo
je me mets à réfléchir.se me da por cavilar.
Combien de fois j'ai été au travailCuantas veces diba al pique
pour bêcher la terre,a jornalear en la arada,
avec un bagage usécon la maleta pelada
ou là-bas dans le train,o allá en el ferrocarril
suis-je déjà allé aux belles terressi habré jeteao un Brasil
entre des charrettes chargées.entre chatas de lastrada.
On nous appelait hirondellesGolondrinas nos llamaban
à ces ouvriers de passage.a los peones de ocasión.
Hirondelle ou pauvre ouvrierGolondrina o pobre pión
c'est en fin de compte la même chose,viene a ser la misma cosa,
avec des quinzaines paresseuses,con quincenas perezosas
une pelle et un pilon.una pala y un pisón.
Dans un coin l'espoirEn un confín la esperanza
et dans l'autre l'ingénierie.y en otro la ingeniería.
Dans un coin la lutteEn un confín la porfía
de faire les choses mieux,de hacer las cosas mejor,
et de temps en temps un seigneury cada tanto un señor
qui arrivait et suspendait.que llegaba y suspendía.
J'ai pensé plus d'une fois :Yo pensé mas de una vez:
Le seigneur n'est pas à blâmer.El señor culpa no tiene.
Si à l'entreprise cela ne convient pasSi a la empresa no conviene
d'avoir des ouvriers fidèles.tener peones efectivos.
Mais chez moi, que dirais-je ?Pero en casa ,¿Yo que digo?
quand le coup de sifflet arrive.cuando el chifle se nos viene.
L'estomac n'a jamais comprisLa panza nunca entendió
que pour l'ouvrier il y a une différence,que pa´l pión hay diferencia,
mais la conscience comprendpero entiende la conciencia
et c'est triste pour le compatriote ;y eso es lo triste paisano;
l'affamé est un verel hambre es un gusano
qui te fait perdre patience.que hace perder la paciencia.
Le pire, c'est quand l'on oublieLo malo es cuando uno olvida
statut, règle, loi.estatuto, regla, ley.
Avoir du poids comme un boeufTiene quilates de buey
celui qui se plie sans se plaindre.el que se cincha y no se queja.
Tout vieillitToda cosa se hace vieja
tout finit par faire vieuxel tiempo es tiempo y es rey.
le temps est temps et roi.De mecánico también
De mécanicien aussihe trabajao de oficial,
ej'ai travaillé comme ouvrier,pero cuando iba a arreglar
mais quand j'allais réparerme pagaban como pión,
on me payait comme un ouvrier,y como el chifle era pior
et comme le chef était pireme las tuve que aguantar.
j'ai dû me contenir.Un día me les cabrié
Un jour je me suis fâchéy me pelié con un jefe,
et je me suis battu avec un chef,y en esos tejes y manejes
et dans ces tiraillementsu pa´no embarrarla más
pour ne pas envenimer les chosesme las tuve que tomar
j'ai dû partircon la cola como un eje.
avec le derrière comme un axe.Y guelta otra vez a nada
Et encore rien,buscando un triste conchabo,
cherchant un triste boulot,me recorrí todo el pago
j'ai parcouru tout le paysy en la Estancia "La Pelada"
et à l'Estancia "La Pelada"me tomaron pa´la arada
j'ai été pris pour le laboury pa´sembrar en lo arado.
et pour semer dans les champs.Recuerdo como si viera
Je me souviens comme si je voyaislas melgas que allí corté.
les sillons que j'y ai coupés.Si viera con que placer
Je me souviens avec quel plaisirdesparramé la semilla,
j'ai semé les graines,y así esperamos la trilla
et ainsi nous attendons le moissoncon un tal vez por después.
avec une incertitude pour après.Hablan de pampa sin eco,
Ils parlent de pampa sans écho,cosa que no conocí.
chose que je n'ai pas connue.De la barreta que hundí
De la barre que j'ai enfoncéequedo el retumbe en el cerco
est resté l'écho dans l'enclosy hasta el bufido del puerco
et même le souffle du cochonse hace un canto para mí.
devient une chanson pour moi.Tal vez por sentirlo así
Peut-être parce que je le sens ainsihago charcos en lo seco
je fais des flaques dans le secy hablan de pampa sin eco
et ils parlent de pampa sans écho,cosa que no conocí.
chose que je n'ai pas connue.Ta´que lindo es meterse terrón adentro,
Que c'est beau de plonger dans la terre,como dentran las nubes en aguacero.
comme les nuages dans la tempête.Galopiar las distancias del pensamiento,
Galoper les distances de la pensée,por la huella caliente del surco abierto.
par la trace chaude de l'erg ouvert.Arrimarle el hocico pa´oler el suelo,
Approcher le museau pour sentir le sol,y sentir que se mete conciencia adentro.
et sentir qu'on y met la conscience.Comprender que la vida no tiene dueño,
Comprendre que la vie n'a pas de propriétaire,porque viene del tiempo de limpio ceño.
parce qu'elle vient du temps au front serein.Arañar las espaldas de los potreros
Gratter le dos des pâturagesverteriando jornadas de sueños nuevos.
enversant des journées de nouveaux rêves.Ta´que lindo es meterse terrón adentro
Que c'est beau de se plonger dans la terrey regar con la lluvia del propio aliento.
et arroser avec la pluie de son propre souffle.Y pensar que no pude, por eso pienso
Et penser que je n'ai pas pu, c'est pourquoi je penseque no puedo enterrame con el silencio.
que je ne peux pas m'enterrer avec le silence.Si maduran los trigos florece el alma
Si les blés murissent, l'âme fleurity el que siembra se pudre y el dueño canta.
et celui qui sème pourrit et le propriétaire chante.La mentira es mentira, pa´ que negarla,
Le mensonge est un mensonge, pourquoi le nier,de la cola del chancho no salen chauchas.
de la queue du cochon ne sort pas de noisettes.La verdades verdades abarcan grande
La vérité est grandey no tienen patrones pa´que las manden.
et n'a pas de patrons pour être envoyée.La conciencia del macho cuando patea
La conscience du mâle quand elle s'exprimese averija de adentro sin que se vea.
s'abîme de l'intérieur sans que l'on ne le voit.No se curan los bichos de las heridas
On ne guérit pas les maux de ses blessurescon caliostro aguachento e´vacas parida,
avec un remède douteux de vaches mises bas,ni te engordan consejos por aliviantes
ni les conseils te remplissent par des soulagementscon un plato bien lleno, te morís de hambre.
avec un plat bien plein, tu meurs de faim.En la mesa del pobre no habría complejo
À la table du pauvre, pas de complexesi sobrara galleta, pa´que consejo.
s'il reste des biscuits, à quoi bon des conseils.No se entienden razones por muy sensatas,
On ne comprend pas les raisons, aussi sensées soient-elles,cuando el frío te yela y andas en pata,
lorsque le froid te paralyse et que tu es pieds nus,ni se abrigan promesas de regalones,
ni les promesses ne se protègent dans les couverts,las promesas se nutren de los sobones.
les promesses se nourrissent de biscornus.Ta´que lindo es meterse terrón adentro.
Que c'est beau de plonger dans la terre.Se me tiemblan las manos cuando lo pienso
Mes mains tremblent quand j'y penseSe me encalla en el alma un sollozo lerdo
Je ressens dans l'âme un gémissement lourdta´que lindo sería, llegar a viejo
que ce serait beau d'atteindre l'âgepa´servirle de abono con más derecho.
pour servir de fumier avec plus de droit.Yo, yo que use de palenque mis propios sueños,
Moi, moi qui ai utilisé mes propres rêves comme clôture,no concibo el olvido de los recuerdos,
je ne conçois pas l'oubli des souvenirs,ni tampoco mañarme con el presente
nor aussi m'abandonner dans le présentlos que pasan mis otros vive latente.
ceux qui passent mes autres vivent latents.Hay recuerdos que lloran y otros que cantan.
Il y a des souvenirs qui pleurent et d'autres qui chantent.Los que duelen, me duelen, los otros pasan.
Ceux qui font mal, me font mal, les autres passent.Los que pasan, no pasan por olvidaos,
Ceux qui passent, ne passent pas pour être oubliés,ni siquiera la muerte puede acallarlos.
pas même la mort ne peut les faire taire.Yo que use de palenque mis propios sueños
Moi, qui ai utilisé mes propres rêves comme clôture,aprendí que olvidando no se va lejos.
j'ai appris qu'en oubliant on ne va pas loin.Se me encalla en el alma un sollozo lerdo.
Je ressens dans l'âme un gémissement lourd.Ta´que lindo sería llegar a viejo,
Que ce serait beau de vieillir,pa´servirle de abono con más derecho.
pour servir de fumier avec plus de droit.Disculpe que me le fui
Excusez-moi d'être partipa´un lao, que ni yo pensaba.
vers un côté, auquel même je ne pensais pas.Todo comienza y se acaba
Tout commence et tout finito mejor dicho se alarga,
ou pour mieux dire prolonge,y así se estiba una carga
et ainsi s'accumule une chargeque a veces ni se soñaba.
qui parfois n'était même pas rêvée.Por eso voy a tratar
C'est pourquoi je vais essayerde enganchar el re menor,
de saisir le ré mineur,y volver a lo anterior
et revenir au précédentsi es que la mente me ayuda.
si mon esprit m'aide.Cámbiele la cebadura
Changez le filtrey arrímele otro tizón.
et approchez d'un autre tison.Y ansi anduve un tiempito
Et là je passais un petit momentgozando de la vidurria,
à profiter de la vie,guiso de oveja y la angurria,
avec de l'agneau mijoté et la folie,de hacer hectáreas a chorro
de faire des hectares à foisonpero cuando vino el cobro
mais quand vient le paiementempezaron las penurias.
commencent les misères.Del vale del capataz
De l'argent du capatazal vale del encargao
à l'argent du responsabley al pueblo con el recao
et au village, avec le colispa´cobrar en la oficina
pour encaisser au bureaudespués el hijo y la prima
ensuite le fils et la cousiney la nuera del cuñao.
et la belle-fille du beau-frère.Mas problemas que en la escuela
Plus de problèmes que dans une écolepa´cobrar dos pesos locos,
pour encaisser deux pesos fous,todo comienza de a poco
tout commence doucementpa´que uno vaya engranando.
pour que l'on s'habitue à engrener.Uno se queda pensando
On reste à pensery el otro se lleva el toco.
et l'autre emporte le morceau.¡Ah! Si supiera la ley
Ah ! Si je savais la loila trampas del potentao.
les pièges des puissants.Las noches que me he pasao
Les nuits que j'ai passéesa mate amargo y galleta,
à boire du mate amer et des biscuits,por no mirarle la jeta
pour ne pas voir la figureal oreja de encargao.
du responsable.Si hasta parece mentira
C'est presque incroyableque por un mísero ascenso
qu'à cause d'une misérable promotionel que ayer dormía entre lienzos
celui qui dormait entre draps hiery te hablaba como hermano
et te parlait comme un frèretan solo estrecha tu mano
presque serre ta mainpa´ver si traes algo adentro.
pour voir si tu es porteur de quelque chose.Dende chico me gustó
Depuis petit, j'ai aiméser libre, pa´que negarlo.
être libre, pourquoi le nier.No sé si podré explicarlo
Je ne sais pas si je saurai l'expliquerpero tuve corazón
mais j'avais du cœury enllegada la ocasión
et quand l'occasion se présentaitjamás titubie pa´darlo.
je n'ai jamais hésité à le donner.Eso sí, jamás cedí
Cela dit, je n'ai jamais cédécuando tuve una razón,
quand j'avais une raison,pa´todo hay explicación
pour tout il y a une explicationy pa´todo sentimiento.
et pour chaque sentiment.La verdad es el alimento
La vérité est l'alimentque al alma regala Dios.
que Dieu offre à l'âme.Cada uno sabe en su adentro
Chacun sait en soicuanto debe y cuanto no.
combien il doit et combien il ne doit pas.Cada uno tiene una voz
Chacun a une voixque cada uno ha de escucharla
que chacun doit écoutery aquel que quiera apagarla
et celui qui veut l'éteindreserá esclavo en su interior.
sera esclave en son intérieur.Pa´todo bien hay un mal
Pour chaque bien, il y a un maly pa´todo mal un bien.
et pour chaque mal, un bien.Cada cual en cada quien
Chacun met sa main ou l'enlève.pone su mano,o la quita.
Tous au même rendez-vousTodos en la misma cita
nous nous voyons et ne nous voyons pas.nos vemos y no se ven.
C'est pourquoi, cela doit être peut-être,Por eso, ha de ser tal vez,
que l'homme pense et repense.que el hombre piensa y repiensa.
C'est pourquoi il n'y a personne qui vainc,Por eso es que no hay quien venza,
l'angoisse de ne jamais être,el miedo de nunca ser,
erreur de ne pas voirequivocao al no ver
que toute lumière est conscience.que toda luz es concencia.
Tout vivant ou tout mortTodo vivo o todo muerto
sans moitié, tout je suis.sin mitades todo soy.
Tout je veille en un jourTodo amanezco en un hoy
et tout je me lèveraiy todo amaneceré
avec un hier et un aprèscon un ayer y un después
qui sera pour ce que je donne.que será por lo que doy.
La nuit m'a donné pour la nuitLa noche me dio por noche
et le jour m'a donné pour le jour,y el día me dio por día,
et je me suis engagé dans la luttey me puse en la porfía
de ce qui me revient de droit.de lo que me toca dar.
Peut-être pour analyserTal vez por analizar
j'ai compris combien je devais.comprendí cuanto debía.
Si le chant m'a donné son chantSi el canto me dio su canto
et le soleil m'a offert son abri,y el sol me brindó su abrigo,
s'il y a même chez le chien dans son aboiementsi hasta el perro en su ladrido
une raison de mon existence,me dio razón de que existo,
tout ce qui a été et tout ce qui a été vutodo lo andado y lo visto
sont des choses qui m'accompagnent.son cosas que van conmigo.
Combien te dois-je mon Dieu !¡Cuanto te debo mi Dios!
Combien m'as-tu donné en me créant !¡Cuanto me diste al criarme!
et si un jour je dois me fatiguery si un día he de cansarme
ce sera parce que je n'ai pas compris,será porque no entendí,
pource que le jour où je suis néporque el día que nací
d'autres mourraient de faim.otros se morían de hambre.
Équilibre naturelEquilibrio natural
disent certains qui savent.dicen algunos que saben.
Peut-être que quand ceux-ci disparaîtront,Tal vez cuando estos se acaben,
d'autres sages naîtrontnacerán otros sabiondos
mais je gratte dans le profondpero yo escarbo en lo hondo
et je n'arrive pas à me placer.y no consigo ubicarme.
Je ne comprends pas pourquoi il doit y avoirNo entiendo porque ha de haber,
tant de choses que je ne comprends pas.tanta cosa que no entiendo.
Parce qu'on vit en sachantPorque se vive sabiendo
que jamais on ne saura.que nunca se ha de saber.
Prophétie que, à la naissance,Profecía que al nacer
se détermine en mourant.se dictamina muriendo.
Je suis vivant pour les mortsEstoy vivo pa´los muertos
et pour les vivants, je ne sais pas.y pa´los vivos , no sé.
Je vole pour celui qui marche à piedVuelo pa´l que anda de a pie
et pour celui qui vole, je me traîne.y pa´l que vuela me arrastro.
Chacun dans son litCada cual en su camastro
berce des façons de voir.acuna formas de ver.
Différences de la vieDiferencias de la vida
que l'homme a créées par être.que el hombre por ser ha creao.
Certains regardent sur le côté,Unos miran pa´l costao,
d'autres regardent devant.otros miran pa´delante.
Derrière selon l'humeurPa´atrás según el talante
et certains de tout côté.y algunos pa´cualquier lao.
Sur les questions de regard,En cuestiones de mirar,
il ne peut y avoir de discussion.no se puede discutir.
Chacun a tendance à suivreCada uno tiende a seguir
là où il désire allerpa´donde mejor se le antoje
et ainsi il s'agrandit ou se rétrécity así se agranda o se encoge
selon comment il les voit venir.asigún las ve venir.
Et c'est un mensonge que l'amiY es mentira que el amigo
se bat pour l'ami.se juega por el amigo.
Tout commence avec moiTodo comienza conmigo
et tout se termine en moi.y todo termina en yo.
Dans toute satisfactionEn todas satisfaccion
le moi se prend lui-même.el yo se lleva consigo.
Si je t'aide, c'est parce que je ressensSi te ayudo es porque siento
le besoin de le fairenecesidad por hacerlo
et si je refuse de le croirey si me niego a creerlo
c'est parce que j'ai envie de ne pas y croire,es por ganas de no creer,
et selon mon avis, je peuxy asigún mi parecer puedo
ou ne peux pas le comprendre.o no puedo entenderlo.
Cela m'a coûté beaucoup de temps,Mucho tiempo me ha costao,
d'entrer là où le temps entredentrar donde dentra el tiempo
et il y a longtemps que je suis conscienty hace rato estoy sabiendo,
que je suis entré par projectionque dentre por proyección
en me transformant en embryonal transformarme en embrión
je suis entré par dehors et par dedans.dentre por fuera y por dentro.
Pour l'extérieur, pour ceux qui voient,Por fuera pa´los que ven
pour l'intérieur, pour ceux qui ressentent.pa´dentro pa´los que sienten.
Pour l'extérieur, pour ceux qui trouventPor fuera pa´los que encuentren
dans la matière leur vérité,en materia su verdad,
pour l'intérieur, dans l'éternitépor dentro en la eternidad
et dans la lumière la plus radieuse.y en la luz mas refulgente.
On n'oubliera jamaisNo se olvidará jamás
l'âme de mes lamentationsel alma de mis lamentos
que je suis venu au monde de l'intérieurque vine al mundo por dentro
et que j'ai fleuri de l'intérieur.y por dentro florecí.
Peut-être parce que je le ressens ainsiTal vez por sentirlo así
je me suis refugié dans la souffrance.me albergue en el sufrimiento.
Dans le cours de ma vie,En el cauce de la vida
je n'étais qu'une petite poissonnettefui apenas una mojarra
qui se saisit de chaque herbeque en cada yuyo se agarra
pour éviter le tourbillon,pa´evitar el remolino,
mais dans un courant tranquillepero en remanso destino
the bagre fait la fête.el bagre se hace la farra.
J'ai été nocturne, un bidonFui nochero, un mancarrón
et un fret pour les courses.y flete pa´las carreras.
J'ai été une potiche sur le quartierFui maceta en pisadera
et un compagnon pour la charrettey ladero pa´la chata
et au lieu de fringues en argent,y en vez de pilchas de plata,
j'ai eu des sacs en cuir.tuve bolsa en la lomera.
Une fois, je ne sais pas pourquoi,Una vez, ni sé porqué,
la tristesse s'est rapprochée.se me arrimó la tristeza.
Peut-être par pure grandeurTal vez por pura grandeza
de pouvoir ressentir les autres,de poder sentir lo ajeno
j'ai réalisé combien de choses bonnesme enteré cuanto de bueno
renfermait ma pauvreté.encerraba mi pobreza.
Dans le secret continuEn el continuo secreto
que me donne la vie,que me regala la vida,
ji ai trouvé tant de blessuresencontré tantas heridas
et tant de remèdes j'ai trouvés,y tantas curas hallé,
que sans le vouloir, je les ai mélangésque sin querer los mezclé
et j'en suis même arrivé à les maudire.y hasta llegué a maldecirlas.
Vie errante de rien,Vida errante la del nada,
vie triste du tout.vida triste la del todo.
Vie remplie de manièresVida colmada de modos
incertaines et vraies.inciertos y verdaderos.
Toros forts et agneauxToros fuertes y corderos
tous ensemble à l'abattoir.juntos en el matadero.
Le bien se reposeDescansado vive el bien
dès qu'il a peu de travail,pues tiene poco trabajo,
es se désintéresse de l'impudencedesentiende el desparpajo
qui enseigne la rivalité.que ensaña rivalidad.
Tout bien est né d'un malTodo bien nació de un mal
et le mal d'un bien à la chaîne,y el mal de un bien a destajo,
et l'ego qui ne voit rieny el ego que no ve nada
parce qu'il est toujours occupé,porque siempre está ocupao,
doit laisser pousser le péchédeja que crezca el pecao
total caca est fait,total la bosta está hecha,
va avoir une bonne récolteva tener buena cosecha
celui qui classe les fineaux.quien clasifique finaos.


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