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La Madre del Cordero
Tito Fernandez
La Mère du Mouton
La Madre del Cordero
On a grandi, depuis petits, ensemble à "El Miraor"Nos criamos, desde chicos, juntos en "El Miraor"
mon père ? un vieux peon, le sien ? un administrateur.mi padre? peón antiguo, el suyo? administrador.
Bien sûr, quand on est petit, on ne comprend pas la différence.Claro que cuando uno es chico no entiende la diferencia.
C'était beau d'avoir été propriétaire, non ? d'une telle innocence !¡Qué lindo haber sido dueño ¿no? de tan tremenda inocencia!
Le domaine en jouant, on l'avait "exploré",El fundo jugando, entero, lo habíamos "recorrío",
je gagnais presque toujours parce que j'étais un peu plus "grand",yo le ganaba casi siempre porque era algo más "crecío",
el me ramassait des fleurs, moi, je lui tirais les tresses,ella me juntaba flores, yo, le tiraba las trenzas,
et ainsi le temps passait presque sans qu'on s'en rende compte.y así se nos pasó el tiempo casi sin darnos ni cuenta.
Moi, j'ai dû partir, à la campagne, à "peler l'ail",A mi me tocó salir, al campo, a "pelar el ajo",
je n'étais plus ce "gamin" qui était bon pour le travail.ya no era tan "cauro" chico t'aba gueno p'al trabajo.
Bien sûr, tous les après-midis, on sortait se promenerClaro que todas las tardes salíamos a pasear
et on se regardait beaucoup sans savoir quoi converser.y nos mirábamos mucho sin hallar qué conversar
Je m'entraînais "toute la journée" à ce que j'allais demander,Yo me ensayaba "toíto" el día de lo que iba a pedir,
mais quand j'étais près d'elle, je ne trouvais pas quoi dire.pero cuando estaba cerca, no encontraba qué decir.
Je ne sais pas ce qui m'arrivait quand elle était à mes "côtés"No sé lo que me pasaba cuando la tenía a mi "lao"
ma gorge se "serrait" et je restais là, "collé".se me "anudaba el cogote" y ahí me quedaba "pegao".
Un jour, elle m'a dit qu'elle allait "partir" de la hacienda,Un día me dijo, ella, que se iba a "dir" de la hacienda,
qu'on l'envoyait étudier, chez les sœurs, je crois, pour qu'elle apprennela mandaban a estudiar, a las monjas, creo, p'a que aprienda
a coudre, à tricoter, à lire, avait dit "Don Guille"a coser, a tejer, a leer, había dicho "Don Guille"
les livres, c'est quelque chose de bien et il faut savoir ce qu'ils disent.los libros son cosa buena y hay que saber lo que dicen.
J'ai ressenti une peine, quand elle m'a dit qu'elle partait,A mi me "dentró" una pena, cuando me dijo que se iba,
j'ai puisé des forces de "dedans" et je lui ai dit que je l'aimais.que saqué juerzas de "aentro" y le dije que la quería.
Elle n'a rien répondu, elle est devenue toute rouge,Ella no contestó na', se puso coloraíta,
et moi, j'ai volé un baiser de sa "petite" bouche.y yo que le robo un beso de su "mesmita" boquita.
Le temps a passé, quelques années, et je ne l'ai jamais oubliée,Pasó el tiempo, un par de años, y nunca me olvidé de ella,
la nuit, je la voyais me regarder d'une étoile.por las noches la veía mirándome de una estrella.
Elle "aussi" m'aimait, j'en étais sûr,Ella "tamién" me quería, yo estaba seguro d'eso,
le goût doux de son baiser me l'avait dit.me lo había dicho el gusto, dulcecito, de su beso.
L'homme, quand il est un vrai homme, je me suis dit, doit savoir ce qui se passe,El hombre cuando es bien hombre, me dije, ha de saber lo que pasa,
j'ai "récupéré" son adresse avec une employée des maisons.me "agencié" su dirección con una empleá 'e las casas.
Francisco a écrit la lettre et, bien que je n'ai pas eu de réponse,Francisco me hizo la carta y, aunque no tuve respuesta,
je ne me suis pas laissé abattre, ce qui est bon, ça coûte toujours.no me eché a morir por eso, lo que es bueno, siempre cuesta.
"Un temps" après, le domaine s'est réveillé "perturbé","Tiempazo" después el fundo amaneció "trastornao",
les vieilles de la maison, écoute, couraient d'un "côté" à l'autre.las viejas de la casona, oiga, corrían p'a "lao" y "lao".
Deux vaches se sont "retournées", les cochons, comme ils entraient !se "voltiaron" dos vaquillas, las chuicas ¡cómo dentraban!
ils se frottaient aux tortillas et les "empanadas" criaient.se raspaban las tortillas y las "empanás" chirriaban.
Les tables ont été mises en place, l'endroit pour les chanteuses,Se acomodaron las mesas, el lugar p'a las cantoras,
ça a été décoré "tout" avec des copihues et des feuilles de totora.se adornó "too" con copihues y con hojas de totora.
Pour moi, ça ne m'a pas fait de joie, ça m'a fait "tout" d'un coup,A mi, no me dio alegría, me dio "too" junto "al tiro",
la petite Rosa revenait, de nouveau, vers moi.la niña Rosa volvía, de nuevo, p'al lao mío.
Après, j'ai eu peur, j'ai même pensé ne pas la mériter,Después me quiso dar "mieo" pensé hasta en no merecerla,
mais j'ai envoyé la peur "au diable" et je me suis "préparé" à la voir.pero mandé el miedo" al "diaulo" y me "cacharpié" p'a verla.
La voilà, ma petite, plus belle que le ciel,Ahí venía mi niña, más linda que el mismo cielo,
avec sa même bouche rouge, celle où j'ai mis mon baiser.con su misma boca roja, esa, a'onde puse mi beso.
Elle venait avec une robe qui éblouissait les yeux,Venía con un vestío que encandilaba los ojos,
prenant le bras de Don Guille qui ne pouvait contenir sa joie.tomá del brazo 'e Don Guille que no cabía de gozo.
On est passés à la "table", les cochons ont été débouchés,Pasamos a la "comía", se destaparon los chuicos,
le vin, comme il coulait !, écoute, c'était un vrai plaisir.el vino ¡cómo corría!, oiga, cosa era que daba gusto.
Après, on a commencé à danser, les guitares se sont accordées,Después le entramos al baile, se afinaron las vihuelas,
et l'"ambiance" se réchauffait avec le "son" des cuecas.y se calentaba el "adre" con el "tañar" de las cuecas.
Je n'ai pas pu parler à ma petite, elle était très "occupée"No pude hablar con mi niña, 'tuvo, muy "ocupaaza"
à discuter avec les invités et d'autres gens "importants".hablando con las visitas y otra gente "importantaza".
Quelques jours plus tard, un après-midi, étant dans le corral,Días después, una tarde, estando yo en el corral,
je pensais déjà à l'oublier quand je l'entends appeler.pensaba ya en olvidarla cuando me siento llamar.
"Venancio !", me disent, "Beno !", et je la regarde,¡Venancio!, me dicen, ¡Beno!, y me la quedo mirando,
là était ma belle petite, de pure joie, en pleurs.ahí 'taba mi niña linda, de pura dicha, llorando.
On s'est bien serrés dans les bras. "Vous m'aviez oublié ?"Nos abrazamos bien juerte. ¿Ud. me había olvidao?
"Jamais !", je lui dis, et je l'embrasse comme jamais je n'avais embrassé.¡Jamás!, le digo, y la beso como nunca había besao.
On a continué à se rencontrer, elle était mienne jusqu'aux osNos seguimos encontrando, era mía hasta los huesos
et moi, "aussi" je l'aimais, même si je devais en mourir.y yo "tamién" la quería, aunque muriera por eso.
J'ai deux mains, je lui dis, pour faire son bonheurTengo dos manos, le decía p'a hacer su felicidad
et elle s'attristait quand elle m'entendait parler.y ella se me entristecía cuando me sentía hablar.
Un jour, Don Guille est venu, pour discuter, a-t-il dit, d'homme à homme,Un día vino Don Guille, a conversar, dijo, de hombre a hombre,
il a parlé de choses très belles, avec des noms et des titres,habló cosas muy bonitas, con apelativo y nombre,
il m'a dit de la laisser, que Rosa était grandeme dijo que la dejara, que la Rosa estaba grande
et que les choses d'enfants devraient être oubliées.y que las cosas de niño deberían olvidarse.
Comprends, Venancio, a-t-il dit, qu'elle n'est pas d'ici,Entiende Venancio, dijo, que ella no es de este lugar,
c'est "toute" une demoiselle et un jour elle va se marier,es "toa" una señorita y algún día se va a casar,
pas avec un peon de domaine, et ce n'est pas pour dénigrer,no con un peón de fundo, y no es por desmerecer,
la vie est triste, Venancio, mais que peut-on y faire ?la vida es triste, Venancio, pero qué se le va hacer.
Il m'a "bien expliqué", puis il m'a lâché "le double".Me la "empató" muy re bien, después me soltó "el doblao".
Comprends bien Beno, ce que je te dis sinon, "va-t'en" ailleurs.Entiende bien Beno, lo que le digo si no, "cortai" p'a otro lao.
Là, je me suis mis aux "tâches", "le travail ?", je me suis dit, même si je le perds,Ahí me metí a las "tomas", ¿el trabajo?, me dije, aunque lo pierda,
je me suis "battu" même avec les "flics" à coups de fouet de merde.me "pelié" hasta con los "pacos" a punta'e rebenque mierda.
Quarante jours à boire, à danser la cueca "à fond",Cuarenta días tomando, bailando cueca "aperrao",
pour ça, j'avais "réuni" un peu d'argent et je ne suis pas un "fainéant".p'a eso había "juntao" alguna plata y no soy ningún "fijao".
"La vie est triste, Venancio", ça, ça ne me concerne pas,"La vida es triste Venancio", eso no corre conmigo,
tant qu'il y a des "filles" "bien", la vie est la vie, mon ami.mientras haya "chinas" "güenas" la vida es vida, mi amigo.
J'ai tiré "du moineau au vautour", j'ai sorti la mère du monde,Tiré "de chincol a jote", le saqué al mundo la madre,
j'ai été en prison pour avoir volé et j'ai même bu du vinaigre.'tuve preso por rosquero y me tomé hasta el vinagre.
Et me voilà maintenant, "puh", avec les poches "vides",Y aquí me tienen ahora, "puh", con los bolsillos "pelaos,
sans "travail" nulle part et avec la "bouche" "enflée".sin "pega" en ninguna parte y con el "hocico" "hinchao".
Et voilà le problème : "je l'aime encore".Y se me viene el problema: "tovía" la estoy queriendo.
Les hommes, je l'ai dit une fois, pensent comme des hommes et je me méconnaissais.Los hombres, dije una vez, piensan como hombres y me estoy desconociendo.
La Rosa est à moi ou à "personne", les préjugés ? à la trappe !La Rosa es mía o de "naide", ¿los prejuicios? ¡a la cresta!
et si à Don Guille, me prendre comme gendre, ça lui coûte tant,y si a Don Guille tenerme, de yerno, tanto le cuesta,
il faudra remédier "tout de suite" à cette situation,habrá que poner remedio "al tiro" a esta situación,
je ne vois pas, pour ces choses, la différence entre "employé" et patron.yo no veo, p'a estas cosas, la diferencia entre "empleao"y patrón.
S'ils me cherchent "à la mauvaise", "bien sûr", à la mauvaise je descends au vin,Si me buscan " a la mala", "güeno poh", a la mala bajo al vino,
et c'est déjà "décidé" par le seul chemin.y esto ya está "decidío" por el único camino.
Quand on veut "bien", Dieu sait que ce n'est pas un affront,Cuando uno quiere "a la güena" Dios sabe que no es desaire,
je suis un travailleur, je ne baisse pas la tête "devant personne",yo soy un roto 'e trabajo, no le agacho el moño "a naiden",
ainsi, cette même nuit, je prends "pingo" et "mon matériel",así es que esta misma noche, agarro "pingo" y "apero",
je vais voler Rosa, merde, voilà la mère du mouton !¡me robo a la Rosa, mierda, ahí 'tá la madre 'el cordero!



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