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La Brinvilliers

Belle Marie-Paule


J'aimais tellement la campagneQue j'y voulais vivre en rêvantDans le confort qui accompagneCes champêtres amusementsMon père n'eut pas la largesseDe m'offrir un manoir aux champsMon époux n'eut pas la sagesseDe m'en faire un jour le présentL'idée de l'arsenic me vintTout en jouant du clavecinJ'aime les moutons dans la prairieJ'aime les moutons enrubannésJ'aime les moutons quand ils sourientSi sensibles sont les BrinvilliersPour m'offrir mon rêve bucoliqueJ'empoisonnai mes petits foursMon époux en eut la coliquePuis mon père l'eut à son tourA cause d'un certain droit d'aînesseMon frère héritait aussitôtPoursuivant mon but sans faiblesseJe lui fis présent d'un gâteauIl eut la plus douce des finsEn écoutant mon clavecinJ'aime les moutons dans la prairieJ'aime les moutons enrubannésJ'aime les moutons quand ils sourientSi sensibles sont les BrinvilliersMaintenant chacun me condamneEt l'on me veut décapiterPour les dernières frangipanesQu'à mes neveux j'avais donnéesJe ne comprends pas notre époqueMoi Marquise de BrinvilliersMe blâmer pour une bicoqueUn caprice sans gravitéEt le bourreau vient me chercherEn fredonnant ce grand succèsJ'aime les moutons dans la prairieJ'aime les moutons enrubannésJ'aime les moutons quand ils sourientSi sensibles sont les Brinvi..

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